Où en est la poésie ? Où va-t-elle ? Le Marché de la Poésie (place Saint-Sulpice, à Paris, du 3 au 7 juin) est le bon moment pour faire le point sur l’édition du genre. Pour une large part, sous forme de citations de celles et ceux qui le font vivre et grandir.
A comme ADMETTRE Si parler « d’avenir de la poésie » ou « du sort des livres de poèmes dans un proche avenir » aboutit souvent à des conclusions différentes, lire des recueils imprimés ou se connecter sur les réseaux sociaux génère aussi des représentations dissemblables du monde poétique. Pour qu’elles se complètent au lieu de se combattre, il faut prendre appui sur des visions savamment éclectiques. Directeur de la collection « L’Année poétique » des éditions Seghers, membre du jury du prix Apollinaire et éditeur d’une anthologie permanente sur Facebook, Jean-Yves Reuzeau a fondé il y a cinquante ans et animé les éditions Le Castor Astral (1 400 titres). En 2026, Chemins de liberté, son anthologie annuelle, regroupe 121 poètes et poétesses de tous âges et de toutes esthétiques. Reuzeau est à coup sûr un guide précieux pour aller plus loin.
B comme BILAN « L’intérêt pour la poésie s’est amplifié. Selon l’institut d’études de marché GfK, les ventes de livres du genre sont en progression. En librairie, elles ont augmenté de 17 % en chiffre d’affaires en 2024, pour 1,6 million de livres de poésie vendus. Ce chiffre concerne une production avoisinant les 1 600 nouveautés par an. Depuis plus de 40 ans, le Marché de la Poésie (place Saint-Sulpice, à Paris) réunit en juin 50 000 visiteurs pour plus de 200 exposants. Le Printemps des Poètes initie chaque année plus de 5 000 manifestations dans tout l’Hexagone. » (Jean-Yves Reuzeau)
C comme CONTINENTS La poésie dépasse les continents pour être présente dans la plus grande variété de langues. La francophonie se doit d’être active en dehors de ses propres zones d’influence. Nombre de poètes à travers le monde choisissent ainsi d’écrire en français. Il convient de tendre la main à ces voix translangues venues parfois d’horizons insoupçonnés. Des voix qui ont choisi d’écrire en français.
D comme DISTRIBUTION-DIFFUSION Elle reste le « nerf » de la guerre, même si la poésie se diffuse aussi sur le très long terme. Tout se joue lors de la mise en place en librairie. Lorsque celle-ci est efficace, des recueils peuvent atteindre les 1 000 exemplaires et même dépasser les 2 000 ou 3 000 dans l’année. Les meilleurs diffuseurs sont Harmonia Mundi, Actes Sud, Interforum (Editis). Sans oublier les incontournables Hachette, Sodis (Gallimard), Union Distribution (Flammarion). Des recueils s’écoulent à plusieurs milliers d’exemplaires.
E comme ÉDITION Depuis 2002, Isabelle Sauvage démontre, avec le catalogue des éditions qui portent son nom, combien l’emploi systématique de l’expression « petit éditeur », qui confond puissance financière et qualité, est indéfendable. « La poésie a toujours représenté une infime partie de la production éditoriale, c’est et ce sera toujours une niche. Et elle se renouvelle. Je ne cesse de découvrir personnellement de nouvelles maisons d’édition dont les livres sont passionnants et magnifiques. La poésie n’est pas un domaine mortifère, passéiste. Elle est inventive, transgressive, non circonscrite. Politique, en ce sens. »
F comme FRANÇAIS (peu ou pas envahi) « Si certains redoutent l’invasion de termes étrangers (principalement anglais, bien sûr) dans la poésie – tout autant que de termes argotiques, abrégés ou techniques –, la menace n’est pas forcément plus grande que par le passé. Une langue se doit d’être vivante, ouverte, accueillante. L’acte d’écrire, lui, doit cependant préserver ses acquis (orthographe, syntaxe), ses singularités policées au fil des décennies, des siècles. Il doit éviter de dénaturer ou appauvrir la langue, la respectant et la réinventant tout autant. » (Jean-Yves Reuzeau)
G comme GÉNÉRATIONS « Si on se réjouit de l’arrivée en force d’une nouvelle vague de poètes, essentiellement constituée de femmes, il faudrait sans doute éviter de verser dans un jeunisme ambiant. Les revues et anthologies, comme les éditeurs, doivent veiller à représenter toutes les générations, entre talents confirmés et découvertes. Le génie spontané reste inusité, on le sait. La poésie est avant tout transmission, passage de témoin, dialogue entre les générations. Découvrir, redécouvrir, se confronter aux autres écritures. Le premier travail d’un poète consiste à se nourrir des fulgurances de ses prédécesseurs, évitant ainsi de s’imaginer réinventer la poudre… » (Jean-Yves Reuzeau)
H comme HISTOIRE Directeur de la collection Poésie/ Gallimard, Jean-Pierre Siméon – pleinement révélé comme poète par Stabat Mater Furiosa en 1999 – a longtemps dirigé Le Printemps des poètes qui l’a amené à défendre partout la pluralité des écritures. « La poésie a toujours usé de nombreux véhicules et même la tradition orale initiale s’est très tôt accompagnée d’inscriptions : voir les hymnes à Inana sur les tablettes d’argile de Sumer, il y a 6 000 ans… Ces considérations pour dire que l’avenir de l’édition concernant la poésie est à envisager dans cette perspective : le livre de poésie, à mon sens, ne disparaîtra pas. Il restera toujours pour l’essentiel le fait de petits éditeurs et d’un secteur minoritaire et préservé dans la grande édition. Je crois qu’il restera un vecteur symboliquement premier. J’irai jusqu’à dire que l’évènement de l’IA totalitaire renforcera la valeur du livre artisanal, gage d’authenticité et d’originalité. »
I comme IA Pierre Vinclair (Les Œuvres liquides, Flammarion) : « Les I.A. sont d’exécrables poètes ; à leur décharge, elles ne furent entraînées que dans les industries où elles sont susceptibles de capter le profit. Mais elles sont bonnes lectrices : leur colle-t-on un poème dans l’interface, leur demande-t-on de l’expliquer, elles en dégagent des couches de signification qu’elles organisent en un exposé digne d’un professeur de lycée. Pratique, pour tester la robustesse du “faux-plafond” sémantique qu’un poète doit ménager à la surface de ses textes à l’intention des lecteurs superstitieux, rétifs à plonger dans le grand bain du langage et désireux de comprendre malgré tout. »
J comme JE Grégory Rateau (Le pays incertain, La Rumeur libre) : « On ne peut nier la part autobiographique de la poésie en général, car elle en dit parfois beaucoup plus long sur nous-mêmes que ce que l’on en sait en vivant avec soi depuis toujours. Je pense à Fondane, Prevel, Rodanski, Daumal… des écorchés vifs dont la poésie est là pour témoigner de leur difficulté d’être au monde. On ne triche pas avec la poésie ! »

K comme KALÉIDOSCOPE
« Certains se font de la poésie une idée si vague qu’ils prennent ce vague pour l’idée même de la poésie. »
Paul Valéry
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« Il est des mises en forme qui sont des mises en garde. »
Pierre Bourdieu
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« la poésie est l’exact contraire du vite-pensé, vite-écrit, vite-publié, puisqu’elle ne peut naître que dans la lenteur et le silence premier d’une longue et intérieure élaboration. »
Jean-Pierre Siméon
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RECHERCHE DU MOT JUSTE
à Bertolt Brecht
Les fascistes d’aujourd’hui ne sont pas
des fascistes
les nazis d’aujourd’hui ne sont pas nazis
mais ils tuent
ils exterminent
Francis Combes
L comme LIBRAIRE Charenton-le-Pont, librairie La vie immédiate « Et si le futur de la poésie se jouait au sein des librairies ? Voici un défi immense, dans cette double conjoncture qui voit d’un côté l’affaissement du marché général mais de l’autre la vitalité de la poésie contemporaine. Comme la poésie ne sera jamais la locomotive des ventes en librairie, elle ne se vendra jamais « toute seule », elle appellera toujours un vrai travail de libraire : lire, s’enthousiasmer, conseiller, vendre. En d’autres mots, faire de la dentelle. Acceptons le temps long, le temps intrinsèque de la découverte en poésie et la librairie sera le lieu de ces rencontres. »
M comme MAISON DES ÉCRIVAINS Lettre ouverte de Sylvie Gouttebaron publiée le 15 juillet 2025 dans Libération « Ainsi, monsieur le président de la République, monsieur le Premier ministre, avez-vous laissé vos services administratifs fermer la Maison des écrivains et de la littérature sans lever le petit doigt, en laissant tout simplement faire le personnel du ministère, sans intervenir malgré votre goût revendiqué, et certain semble-t-il, pour la littérature. J’ai rendu toutes les clés de tous les salariés au liquidateur mercredi dernier… »
N comme NUMÉRIQUE Isabelle Sauvage : « Les voies numériques devraient apporter pas mal de changements, mais pour le moment, on dirait que sur l’écran (les écrans), on ne pense pas vraiment autrement l’espace que dans un livre, on reste devant une “page” certes devenue verticale, numérique, mais dont les possibilités inhérentes au médium ne sont pas encore pleinement, voire pas du tout, explorées. Une chose, peut-être, a changé, c’est la longueur du texte, adapté par exemple aux 140 signes d’un tweet. On peut craindre ce diktat, mais il reste un signe de la rapidité, de la vitesse perçue de toute part. Et on n’est pas obligé de s’y plier ! Certaines de ses formes peuvent être une réussite, si elles ne sont pas que de l’ordre de la communication – ce en quoi alors elles sont subversives, sûrement. Pour tout dire : je n’ai pas peur de la “révolution numérique”. »
O comme ORALITÉ Jean-Yves Reuzeau : « Parmi les poètes d’aujourd’hui, beaucoup confirment un intéressant retour à l’oralité au-delà du livre, objet silencieux. Pour eux, pour elles, la lecture à voix haute s’impose en librairie comme sur scène. Ils et elles se produisent volontiers avec des musiciens, afin de prolonger leurs ouvrages et rencontrer les lecteurs. Ils et elles s’expriment grâce à des performances visuelles et sonores sur les réseaux sociaux. Des événements spécifiques sont organisés grâce à des festivals, des résidences d’écrivains ou des ateliers, dans des cabarets, des théâtres, des bibliothèques, des maisons de la poésie ou des salons du livre. »
P comme PRUDENCE Jean-Pierre Siméon : « Il y a tout lieu d’être prudent quand il s’agit de prévoir l’avenir de qui que ce soit ou de quoi que ce soit. Dans ma jeunesse, on annonçait la fin du cinéma et du théâtre avec l’avènement de la télévision, on a maintes fois annoncé la fin de la peinture avec l’arrivée de la photographie puis de l’installation, et bien sûr la fin du livre avec l’arrivée des iBooks. Et par ailleurs, tant de fois la mort de la poésie… Ces précautions oratoires pour dire qu’il convient d’être prudent : mon sentiment est que le livre de poésie est de tous les livres celui qui est amené à durer car l’objet livre est particulièrement adapté au type de lecture que le poème demande. La circulation de la poésie sur internet ni la performance n’éteignent le livre : la preuve, la plupart des poètes et poétesses qui se font connaître sur internet ou par la scène en viennent au livre dès qu’ils le peuvent. Et ça ne change pas avec la jeune génération si j’en juge par le nombre de manuscrits de très jeunes personnes que nous recevons chaque jour. »
Q comme LI QINGZHAO Danièle Faugeras : « Traduire et éditer Le chant du vent et de la lune, de la grande poète chinoise du douzième siècle, est un désir qui a présidé à la création de PO&PSY, en 2008. Les traductrices et poètes que nous sommes, Pascale Janot et moi-même, avions alors souhaité nous donner un outil pour tenter de réduire l’ignorance bien française des poésies du monde, en proposant de petits recueils de tous domaines linguistiques, époques et genres. Inédits, et en édition bilingue, bien entendu. Un outil, oui, mais un bel outil : tout dans la conception du livre – pochette colorée, velouté du papier dont les feuillets se plient au tempérament du texte, accompagnement d’artistes… – devait concourir à faire de ces volumes des objets précieux, qu’on a plaisir à manipuler.18 années et 80 volumes plus tard, Li Qingzhao aborde enfin aux rives de PO&PSY… »
R comme RÉSEAUX Jean-Yves Reuzeau : « Les plus jeunes poètes sont extrêmement actifs sur les réseaux, leur écriture étant influencée par la rapidité du système. On parle ainsi d’instapoètes, de slameurs ou de performeurs, parfois avec mépris selon les plus conservateurs. Grâce aux réseaux sociaux, auteurs et lecteurs entrent instantanément en contact, ce qui était jusque-là assez inimaginable. Aujourd’hui, ces réseaux et les lectures publiques mélangent davantage les « clans » : des poètes a priori assez éloignés esthétiquement se découvrent, se tolèrent, souvent fraternisent. À noter, signe des temps, que certains vont même jusqu’à publier leur planning d’interventions (résidences d’écrivains, ateliers d’écriture, récitals, etc.) sur plusieurs mois, tels des vedettes en tournée… »
S comme SIGNAUX Isabelle Sauvage : « Il y a des signaux alarmants, mais là aussi politiques. Beaucoup de “petites maisons” telles que la nôtre reçoivent des subventions plus ou moins conséquentes de l’État (CNL, région, département…), or la culture est de plus en plus menacée, et on a déjà vu le résultat pour la région Paca ou les Pays de Loire. Si celles-ci disparaissent… Les librairies indépendantes sont elles aussi sur le fil, le bulldozer Bolloré est bien là. Les « petits éditeurs » ou les éditeurs “indépendants” sont représentés principalement dans ces librairies. Si celles-ci ferment ou rencontrent tant de difficultés financières comme actuellement… Si le prix unique du livre venait à disparaître… Tout le monde de l’édition indépendante est menacé par les choix politiques qui sont ou risquent d’être pris. Quant au système de diffusion-distribution, qui impose finalement une (sur)production liée aux retours, une espèce de fuite en avant, ainsi qu’une économie à crédit, dont les libraires sont devenus les trésoriers bien malgré eux, on ne peut pas dire qu’il soit nouveau. Nous sommes quant à nous heureux de ne pas avoir choisi ce système, bien que nous ayons souvent, régulièrement, hésité. Il est sans doute à revoir, il faut espérer qu’il le soit. Les tarifs postaux ont explosé, le prix du papier a dû augmenter d’environ 20 %, là aussi nous mettant à mal. » Mais il me semble que toute la société, dans tous les domaines, est touchée. On sort du domaine de l’édition proprement dit, me semble-t-il, en pointant uniquement ce type de critères.
T comme TENTATIVES Jean-Yves Reuzeau : « Les poètes d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, naviguent entre le merveilleux espéré et l’ignoble enduré. S’ils parlent inévitablement de thèmes universels, d’intimité, du corps, de solitude et de désenchantement, d’amour et d’espoir, de secrets, de naissance et de mort, ils restent les témoins des affres et bonheurs de leur temps. Ils en sont le miroir. Sous leurs yeux, la mer peut se transformer en frontières mouvantes où des migrants confient tragiquement leur vie au hasard. Ils parlent ainsi de conflits, de refus du fanatisme, d’écoanxiété ou d’animalisme, de défense du végétal, de cause féministe, d’exil et de famines, de théorie du complot et de fin du monde. Chaque époque possède aussi ses thématiques propres. »
U comme UNIVERSITÉ Si l’on prend l’ensemble des étudiants en lettres et sciences humaines (environ 10 % des 3 millions d’étudiants en France, soit 300 000 personnes), le nombre d’étudiants ayant un cursus majeur ou exclusif centré sur la poésie est infime : probablement moins de 0,1 % de la population étudiante totale.
V comme VENTES Jean-Yves Reuzeau : « Un certain renouveau de la poésie est surtout rendu possible grâce au dynamisme souvent héroïque d’éditeurs indépendants (comme Arfuyen, Les Carnets du Dessert de lunel, Cheyne, L’herbe qui tremble, LansKine, Lurlure, Maeslström, La Rumeur libre, Tarabuste, Unes et tant d’autres…) dont certains ont même lancé le défi de créer des collections de poche à un prix attractif. » À ces mots, il faut ajouter que, publié au Castor Astral en 2018, Les ronces de Cécile Coulon a été vendu à 50 000 exemplaires, a reçu le prix Apollinaire, le prix de la révélation de la SGDL, et a été défendu par Télérama, Le matricule des anges, L’Humanité, la revue Décharge et le site Terre des femmes. Ce qui est une bonne nouvelle pour qui pense en termes de poésies.
W comme WORLD AFP, 2 mai 2026 : « Le géant de l’édition sonore Audible a ouvert vendredi à New York un lieu présenté comme la première “librairie sans livres”, espace entièrement dédié au livre audio. Pas d’odeur de papier ni de pile de romans en vogue dans ce magasin éphémère du Lower East Side, dans le sud de Manhattan, établi pour un mois par la filiale d’Amazon. »
X comme INCONNU Isabelle Sauvage : « Il y aura toujours une attractivité de l’objet livre, voire de plus en plus quand notre environnement intellectuel sera de plus en plus immatériel. Je le vois aussi en tant que typographe, avec le nombre de gens, souvent plutôt jeunes, qui cherchent à s’équiper de presses manuelles, se soucient du papier (pas forcément marqué bibliophilie, mais singulier), de la forme. Je fais volontiers un parallèle avec la langue qui ne cesse d’évoluer, qui s’enrichit de vocables, de manières d’écrire qui nous bousculent, certes, mais que l’on ne peut refuser sans rester sur un quant-à-soi. La grammaire et l’orthographe n’ont cessé de bouger depuis des siècles, et elles ont été tout autant simplifiées que complexifiées (l’accord de proximité, par exemple, se faisait au Moyen Âge)… Je suis correctrice et attachée à certaines orthographes. Mais il faut avouer que le français est une langue impossible et pleine de contradictions. L’histoire montre que l’on a cherché, longtemps, à rendre élitiste son utilisation écrite. C’est là aussi une question politique. Je trouve que la féminisation des noms, l’émergence des écritures inclusives, mais surtout non binaires, avec l’apparition de nouveaux alphabets (numériques…), est passionnante, d’abord parce qu’elle est l’expression de changements sociétaux fondamentaux, mais aussi parce que ces alphabets sont d’une grande inventivité tout en étant “assis” sur des usages séculaires (les ligatures, notamment), et que certains sont très beaux ! C’est peut-être un profond changement sociétal qui s’impose. »
Y comme bruYant Jean-Yves Reuzeau : « Entre jongleries verbales, pratiques festives du langage et affirmations audacieuses, la poésie d’aujourd’hui en appelle souvent à l’hybridation ou au télescopage des genres littéraires. La poésie ne se réduit peut-être pas au “pur poème”. On pourra ainsi admettre (ou non…) chanteurs et chanteuses, romanciers et romancières, instapoètes, performeurs ou performeuses, notant si nécessaire que la poésie réside partout, “surfant sur l’océan du réel”. Si la poésie est laboratoire d’écriture, on peut se méfier de celles ou ceux qui prônent l’“anti-poésie” ou carrément la haine de la poésie, tout en acceptant dédaigneusement d’être invités auprès d’autres poètes de manière circonstancielle. »
Z comme ZORRO
Cochons les noms
Béatrix Beck
Tous ces giraud tous ces girard
Devraient s’appeler gyrophares
Les reuzeau les rouzeau zorro
Imagine-t-on dans l’e.bottin
Trouver de vrais noms d’écrivains
Sauf exception ça manque d’éclat
Girard giraud et cetera
Prenez des pseudos nom d’un chien
Tout le monde n’est pas Yves Martin
Extrait de La petite dame de Valérie Rouzeau
La Table Ronde, 2025
