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Journal de la littérature, des idées et des arts 09/09 2026 – 22/09 2026

En attendant Nadeau

Rares sont les livres qui nous apprennent à lire avec la force et la singularité dont fait preuve Célia Houdart dans Notre-dame-des-Anges
« Groupe familial assis dans un champ », Léon Girardot (1936) © Gallica/BnF

Précis de littérature

Rentrée littéraire 2026 – Rares sont les livres qui nous apprennent à lire avec la force et la singularité dont fait preuve Célia Houdart dans Notre-dame-des-Anges. Avec virtuosité et délicatesse, elle interroge la nature du romanesque, de la langue et ouvre à de belles lectures.

Éditorial

L’horizon et le geste

Cette rentrée montre que la littérature peut embrasser de vastes perspectives, sans se limiter à la représentation d’une intimité repliée sur elle-même et ses territoires de proximité. Paradoxalement, cela peut passer par la représentation romanesque de cellules closes sur elles-mêmes afin de les disloquer. Ainsi, Anne Godard décrit, grâce à l’usage original du « on », un groupe familial privilégié et la nécessité d’en sortir.

Sommaire

Ibtisam Azem
Le livre de la disparition
par Sonia Dayan-Herzbrun
Hoda Barakat
Hind ou la plus belle femme du monde
par Faris Lounis
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LECTURE DU JOUR
Pourquoi comprenons-nous le monde ?, le sociologue Bernard Lahire
« Margarita Philosophica », Gregor Reisch (Freiburg, 1503) © CC0/Library of Congress

Embrasser le monde

Avec Pourquoi comprenons-nous le monde ?, le sociologue Bernard Lahire signe un ouvrage ambitieux, riche et stimulant. Bref, condensé, il ouvre à des réflexions qui semblent urgentes.
Tina Makereti. Au fil de récits entrecroisés qui reflètent différentes époques, avec Le chant des Rēkohu
Dendroglyphe moriori des îles Chatham © CC-BY-SA-3.0/Royston Vasey/WikiCommons

La mémoire d’un peuple méconnu du Pacifique

Rentrée littéraire 2026 – Les récits entrecroisés du Chant des Rēkohu font découvrir la complexité de l’histoire de la Nouvelle-Zélande et des Moriori. Une enquête familiale et une recherche des origines bouleversantes.
Louise Chennevière revient avec Faire la peau
« Les Mauvaises mères », Giovanni Segantini (Détail)(1894) © CC0/WikiCommons

Le droit d’aimer moins

Rentrée littéraire 2026 – Louise Chennevière revient avec Faire la peau, un livre qui traite des relations compliquées et violentes entre mères et filles. Plus personnel que le frappant Pour Britney, ce livre peine à trouver l’équilibre entre récit et analyse.
Nous aussi raconte l’histoire d’un sujet privé de sa singularité. Ce qui est passionnant dans le roman d’Anne Godard,
« The rocket book », Peter Newell (1912) © CC0/Library of Congress

La dictature des pronoms

Rentrée littéraire 2026Nous aussi d’Anne Godard s’impose comme l’un des textes importants de cette rentrée. Elle y invente une forme pour raconter l’histoire d’un sujet privé de sa singularité et de ses relations aux autres. Un roman frappant sur les violences obstinément tues et qui invente un discours collectif possible. 
"Nos vies sauvages", Hemley Boum (Détail) © Gallimard
« Nos vies sauvages », Hemley Boum (Détail) © Gallimard

L’hiver des patriarches

Rentrée littéraire 2026 – Dans Nos vies sauvages, Hemley Boum revisite quarante années du passé récent du Cameroun avec autant de sensibilité que d’intelligence. Un roman très maîtrisé qui nous rappelle que l’amour peut conjurer le désespoir.
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"Nos vies sauvages", Hemley Boum (Détail) © Gallimard
« Nos vies sauvages », Hemley Boum (Détail) © Gallimard

L’hiver des patriarches

Rentrée littéraire 2026 – Dans Nos vies sauvages, Hemley Boum revisite quarante années du passé récent du Cameroun avec autant de sensibilité que d’intelligence. Un roman très maîtrisé qui nous rappelle que l’amour peut conjurer le désespoir.
À en perdre la raison constitue un apport majeur et inédit à l’histoire de la psychiatrie du vingtième siècle. Plongeant dans les dossiers du premier asile psychiatrique dans les colonies françaises, l'historien Raphaël Gallien
Chemin de fer en construction à Tamatave (Madagascar, début du XXᵉ siècle) © Gallica/BnF

« Une histoire à hauteur de délire »

À en perdre la raison constitue un apport majeur et inédit à l’histoire de la psychiatrie du XXe siècle. Mais Raphaël Gallien y propose aussi une réflexion stimulante sur l’histoire de Madagascar et les subjectivités en situation coloniale.
Histoires et colonisations. Des récits de la conquête aux héritages postcoloniaux, le nouveau livre d'Emmanuelle Saada
« Bonaparte devant le Sphinx », Jean-Léon Gérôme (1886) © CC0/WikiCommons

Héritages coloniaux

Le nouveau livre d’Emmanuelle Saada constitue une somme indispensable pour qui s’intéresse à l’histoire des colonisations. Il permet également de mieux comprendre les fortes empreintes coloniales dans nos sociétés contemporaines.
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Darya & Dounya la qualité du style, d’une grande tenue orale, de Diaty Diallo.
« Ecstatic Draught of Fishes », Ellen Gallagher (2022) © CC-BY-SA-4.0/Jan-Willem Doo/Flickr

On écrit des choses pour ne plus les penser

Rentrée littéraire 2026 – On retrouve dans Darya & Dounya toutes les qualités du style et l’inventivité de Diaty Diallo. Comme si ce nouveau roman inventif amplifiait Deux secondes d’air qui brûle qui nous avait impressionnés.
Hoda Barakat Hind ou la plus belle femme du monde
Hoda Barakat © Archives personnelles de l’autrice

L’impossible retour au pays natal

Rentrée littéraire 2026 – Avec Hind ou la plus belle femme du monde, l’écrivaine libanaise Hoda Barakat raconte le naufrage d’un monde. Un roman puissant sur la fin des espérances démocratiques et laïques à l’heure de l’intégrisme religieux et du despotisme.
Le livre de la disparition, roman dystopique de la journaliste palestinienne Ibtisam Azem
« Jaffa : « Buy Jaffa Oranges » », Frank Newbould (1929) © CC0/Centre d’art britannique de Yale/WikiCommons

« Les histoires normales ne nous ressemblent pas »

Rentrée littéraire 2026Le livre de la disparition, roman dystopique d’Ibtisam Azem, repose sur la fiction de la disparition soudaine de tous les Palestiniens vivant en Israël. Un livre qui touche au plus vif de notre présent et à une mémoire fissurée.