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Journal de la littérature, des idées et des arts 18/03 – 31/04 2026

En attendant Nadeau

Christophe Bouton, Sur les traces du temps
« Sur les Autres Mondes », Lucien Rudaux (1920) © CC0/Collection Rijksmuseum Boerhaave Leiden/WikiCommons

Le temps de la réconciliation

Christophe Bouton fait le pari d’une voie nouvelle pour penser et concevoir la philosophie du temps. Avec Sur les traces du temps, il signe un ouvrage complet et original. Une somme érudite et enthousiasmante qui fera assurément date. 

Éditorial

La langue et le bruit neufs

La publication posthume d’Histoires de Samora Mâchel, somme proliférante de Pierre Guyotat, nous plonge dans un travail d’écrivain – et d’éditeurs – poussé à l’extrême. On y reçoit en plein l’invention d’une langue inouïe, jusqu’à épuisement de l’auteur, tombé dans le coma au milieu de son labeur. Ce livre est l’occasion de faire comme jamais l’expérience de déstabilisation salutaire, de transformation du connu en inconnu, de « départ dans [une langue et un] bruit neufs », que peut parfois offrir la littérature.

Sommaire

Amaury da Cunha
Touche fantôme
par la rédaction d’EaN
Jade Khoo
Terre ou Lune, tome 1
par la rédaction d’EaN
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Anne Savelli | Bruits.
Seville © Jean-Luc bertini

Fracas urbains

Quelle ambition porte Bruits qu’Anne Savelli a mis plus de vingt ans à penser et à écrire ! Un livre profondément social qui s’emploie à capter la pluralité de la ville et la parole démultipliée des marginaux.
Arno Calleja, Le mal appliqué, éditions vanloo, 368 pages, 22 e. Guillaume Marie, La tectonique des Halles
« Vélo », Marte Aire (Belgique) © CC BY-SA 4.0/EmDee/WikiCommons

L’autre moitié du monde

Que devient l’écriture quand le monde se défait ? Arno Calleja et Guillaume Marie invitent à des bifurcations stimulantes. Ils nous offrent des manières de concevoir nos angoisses, la perte et l’écriture.
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Wim Carton, Andreas Malm | Overshoot. Résister à l’idéologie du dépassement.
San Fransisco (2020) © CC-BY-2.0/Ken Walton/WikiCommons

La limite retournée

Overshoot n’est pas un livre de plus sur l’inaction climatique. C’est une enquête sur les contorsions intellectuelles ayant transformé un réchauffement présenté comme intolérable en fatalité inévitable. Un texte frappant qui dénonce des concepts néfastes à une révolution climatique.
Contre l’écologie de guerre, Vincent Rissier, La Dispute, 168 pages, 14 euros.
La destruction du barrage hydroélectrique de Kakhovka a lieu dans la nuit du 6 juin 2023, dans le contexte de la campagne du Dnipro de l’invasion russe de l’Ukraine (Ukraine, 2013) © CC BY-SA 4.0/Дзюбак Володимир/WikiCommons

Géopolitique de l’impasse ?

Dans Contre l’écologie de guerre, Vincent Rissier milite contre ce concept. Il y voit un nouvel âge du capitalisme et un motif moral pour des guerres à venir. Lecture utile dans un monde en conflit.
Elin Anna Labba, Je suis la mer
« Au sommet de Susendalen » (Suède, 1920-25) © CC0/National Library of Norway

Des mondes engloutis

Je suis la mer, d’Elin Anna Labba, témoigne du déplacement des populations samies en Suède et entretient la mémoire de ce peuple. C’est un livre d’une grande tristesse et en même temps d’une très large portée.
Histoires de Samora Mâchel Pierre Guyotat
Pierre Guyotat © Jean-Luc Bertini

L’œuvre extrême

La publication posthume d’Histoires de Samora Mâchel permet de mesurer combien ce livre est central dans l’œuvre de Pierre Guyotat. Il constitue un tournant dans l’existence de l’auteur comme dans la création de son incomparable langue, destructrice et sonore.
Pierre Chopinaud, L’Ancien Enfant, 332 pages, éditions P.O.L., 23 €
Bâtiment à Jénine dynamité par les Britanniques (1938) © CC0/WikiCommons

« L’ordure du monde ruiné »

Pierre Chopinaud, qui a le courage de l’originalité, déploie dans L’Ancien Enfant une langue déroutante et virtuose. Une révolte sourde contre l’indifférence et le matérialisme s’y fait entendre.
Naguib Mahfouz, Les cailles en automne
« Scène de rue au Caire », Willem van de Poll (1950) © CC0/WikiCommons

Jouir du pouvoir

La publication d’un roman encore inédit en français de Naguib Mahfouz est toujours un événement. Dans Les cailles en automne, il élabore, servie par une écriture superbe, une réflexion sur la nature du pouvoir.
Lamine Ammar-Khodja, La partie immergée de l’iceberg, éloge du GPS algérien,
« Une rose dessinée sous la forme de la carte géographique de l’Algérie, Abdelkader Bendou (Alger) (Détail) © CC-BY-SA-3.0/Habib kaki/WikiCommons

Littérature francophone, leçons algériennes

La partie immergée de l’iceberg de Lamine Ammar-khodja oppose avec une grande acuité l’héritage fécond de Kateb Yacine, Assia Djebar et Mohammed Dib à la littérature problématique de Boualem Sansal et Kamel Daoud.
Jean-Pierre Zarader, Clint Eastwood. Caméra philosophique,
« Play Misty for Me », Clint Eastwood (1971) (Détail) © Universal Pictures

Clint Eastwood, cinéaste-philosophe

Filmant la vibration de l’âme, Clint Eastwood est-il un cinéaste-philosophe ? Aucun doute pour Jean-Pierre Zarader, qui consacre à l’œuvre du réalisateur une lecture prenante.
Nathalie Heinich La religion n’existe pas
« Les communistes chinois célèbrent le soixante-dixième anniversaire de Joseph Staline » (1949) © CC0/WikiCommons

Les religions existent-elles ?

On ne cesse d’utiliser des mots appartenant au vocabulaire religieux pour parler des pratiques sociales les plus diverses. Dans La religion n’existe pas, Nathalie Heinich dénonce à juste titre ce verbalisme stérile.
Georg Simmel, Écrits sur Rodin
Affiche de l' »Exposition d’ensemble du statuaire Auguste Rodin » (Prague, 1902) (Détail) © Gallica/BnF

Rodin au plus près

Dans ses Écrits sur Rodin, le philosophe Georg Simmel montre sa connaissance précise de l’œuvre du sculpteur français. L’édition de ces textes comble une lacune dans ce que nous savons de la réception de Rodin en Allemagne.