N°
251

Journal de la littérature, des idées et des arts 23/09 – 06/10 2026

En attendant Nadeau

Addie E. Citchens Les révérentes
Addie E. Citchens © Britt Smith/Gallimard

Son of a Preacher Man

Rentrée littéraire 2026 – Les révérentes, premier roman de l’écrivaine américaine Addie E. Citchens, raconte la chute du fils d’un riche pasteur de manière à la fois tragique, comique et sensuelle. On assiste là à la naissance d’un grand talent.

Éditorial

Raconter toujours

Marceline Loridan-Ivens disait qu’il ne faut « jamais renoncer à raconter des histoires ». La citation n’est peut-être pas exactement exacte, mais l’idée est bien là, logée, inscrite, indélébile. Oui, il faut raconter, raconter, raconter, obstinément. Toujours relancer la machine à fiction, reconduire les mots, les réenchanter, toujours se nourrir des livres, de ce qu’ils mettent à nu. C’est ce qui touche à l’os, à l’évidence existentielle, à nos raisons de vivre. Comme l’enjoignait Annie Dillard qui vient de disparaître dans En vivant, en écrivant, parlant de Thoreau : « Écris comme si tu étais en train de mourir. »

Sommaire

Céline Righi
La chambre fougère
par Grégory Rateau
W.E.B. Du Bois
La quête de la toison d’argent
par la rédaction d’EaN
LECTURE DU JOUR
Sasha Bonét les porteuses d'eau
Sasha Bonét © Les Léonides

Changer le cours de l’eau

Rentrée littéraire 2026 – Dans son premier ouvrage, Les porteuses d’eau, Sasha Bonét explore l’histoire de sa famille, de l’Amérique et du racisme. Elle campe la lignée de femmes dont elle est issue, en particulier sa grand-mère, avec tendresse, respect et lucidité.
LECTURE DU JOUR
Karen Russell , Quand vient la tempête
Karen Russell © Jean-Luc Bertini

Derrière le voile de poussière, les lumières

Rentrée littéraire 2026 – Quand vient la tempête est un roman subtil et envoûtant, dense et flamboyant. À travers l’objectif d’une photographe qui immortalise les effets du Dust Bowl sur les populations rurales, Karen Russell y entremêle les destins avec maestria.
HOMMAGE
Annie Dillard
Annie Dillard © Bill-Burkhart/Christian Bourgois

Annie Dillard

L’écrivaine américaine Annie Dillard est morte le 15 septembre. Poète, essayiste et romancière, elle laisse une œuvre de taille modeste mais remarquable.
Enzo Traverso, Survivances de la révolte. Essai sur la dialectique de la mémoire
La statue de Saddam Hussein renversée (2003) © CC0/WikiCommons

Mémoires marranes

En histoire, Enzo Traverso exclut la linéarité chronologique, ne craint pas les discontinuités et les ruptures, et met l’accent sur les moments d’émancipation. Il le prouve une nouvelle fois avec Survivances de la révolte. Essai sur la dialectique de la mémoire.
Mouny Berrah, Les 2 Écrans, Talitha, Éditions Motifs, Archives Bouanani, 685 p., 18 €.
Omar Gatlato © Merzak Allouache

Un engagement envers le réel

Anthologie réunissant de nombreux articles de la critique algérienne Mouny Berrah, Les 2 Écrans est un livre ample et généreux, appelé à devenir incontournable sur le cinéma arabe post-indépendances.
La Hantise, Jean-Philippe Toussaint
Jean-Philippe Toussaint © Jean-Luc Bertini

Les fantômes de Jean-Philippe Toussaint

Rentrée littéraire 2026 – Avec La hantise, Jean-Philippe Toussaint nous offre un vrai-faux roman d’espionnage en même temps qu’une variation sensible sur les fantômes qui nous habitent. Un livre d’une délicatesse et d’une légèreté virtuoses.
C'était notre terre Mathieu Belezi
Alger. Rue Ben-Ali, Georges Maroniez (1901) © Gallica/BnF

La malédiction des colons

Rentrée littéraire 2026 – La réédition de C’était notre terre conclut la fresque impressionnante en cinq romans que Mathieu Belezi a consacrée à l’Algérie. Son écriture incandescente et polyphonique dit très justement la malédiction coloniale, ici pendant la guerre.
C'était notre terre Mathieu Belezi
Alger. Rue Ben-Ali, Georges Maroniez (1901) © Gallica/BnF

La malédiction des colons

Rentrée littéraire 2026 – La réédition de C’était notre terre conclut la fresque impressionnante en cinq romans que Mathieu Belezi a consacrée à l’Algérie. Son écriture incandescente et polyphonique dit très justement la malédiction coloniale, ici pendant la guerre.
Contribuez à l’indépendance de notre espace critique
Stéphane Giusti, Halte au feu
La Grande Poste d’Alger, devant laquelle eut lieu le 26 mars 1962 la fusillade meurtrière de la rue d’Isly (Alger, 1970) CC0/Wikicommons

Une journée tragique

Rentrée littéraire 2026 – Dans Halte au feu, Stéphane Giusti revient sur la fusillade du 26 mars 1962 à Alger, où une manifestation de pieds-noirs opposés à l’indépendance se solda par quarante-neuf morts mitraillés par l’armée. Un roman-mémoire particulièrement émouvant.
Un massacre en Kabylie  en mai 1956 », rédigé par Safia Kessas et Fabrice Riceputi
Village de Tigzirt sur son versant, au tournant du XXᵉ siècle © CC0/WikiCommons

Autopsie d’un massacre

Un massacre en Kabylie. Algérie, 1956 porte sur l’assassinat par trois compagnies de l’armée française de soixante-quinze Algériens. Un ouvrage précieux dans un contexte de révisionnisme historique insidieux du fait colonial et de ses violences.
Tous les mercredis, notre newsletter vous informe de l’actualité en littérature, en arts et en sciences humaines.
Je me demande pourquoi on ne peut pas dire non, tout simplement, Hollie McNish
« Deux Lys Calla sur du rose », Georgia O’Keeffe (1929) © CC0/Philadelphia Museum of Art

Entretien avec Hollie McNish : Dire tous les mots

Rentrée littéraire 2026 – La poétesse Hollie McNish nous parle de son dernier ouvrage, Je me demande pourquoi on ne peut pas dire non, tout simplement. Un livre libérateur dont la langue mordante déculpabilise le corps féminin et réhabilite les mots pour le dire.
Martine Delvaux, Divas,
Nina Simone (1982) © CC0/WikiCommons

Retrouver sa voix

Rentrée littéraire 2026 – La romancière et essayiste québécoise Martine Delvaux offre un hymne à la fois sombre et lumineux à celles qu’on appelle les « divas ». Ces chanteuses qui permettent à d’autres femmes de faire entendre une voix.
Emmanuelle Lambert, La meilleure
« Helena », Stanisław Ignacy Witkiewicz (1900) © CC0/WikiCommons

L’amie sur la photo

Rentrée littéraire 2026 – Dans La meilleure, Emmanuelle Lambert exhume quelques photos de famille sans jamais tomber dans les lieux communs. Avec sensibilité et humour, elle nous offre un magnifique livre d’amitié.
W. E. B. Du Bois, La quête de la toison d’argent Gabrielle Filteau-Chiba, La robe en feu Gün G. Ayurzana, La légende du chaman, Elie During et Dork Zabunyan, Deleuze en douze figures. Bréviaire des personnages conceptuels.
« Paysage rocheux », Max Beckmann (1949) © CC0/Saint Louis Art Museum

En bref

Notre chronique « En bref » s’arrête sur des romans de W.E.B. Du Bois et Gün G. Ayurzana, sur des poèmes de la Québécoise Gabrielle Filteau-Chiba, sur l’histoire potentielle du monde juif musulman qu’envisage Ariella Aïsha Azoulay. Et enfin sur l’ouvrage qu’Élie During et Dork Zabunyan consacrent à Gilles Deleuze.
La chambre fougère. Les souvenirs, les corps, les vieilles rancunes suivent le même cycle que les plantes qui traversent le roman. Céline Righi
« Bord de la forêt », Charlotte Buell Coman (1880) © CC0/Saint Louis Art Museum

Céline Righi au chevet des fantômes

Rentrée littéraire 2026 – Chaque personnage de La chambre fougère a sa manière d’habiter le monde sensible. Ce roman de Céline Righi possède la douceur mélancolique des fins d’automne et la persistance des histoires que l’on garde longtemps en soi.