Florence Olivier

La guerre dans la forêt

Inspiré d'un fait réel, magistralement composé, Eva et les bêtes sauvages d’Antonio Ungar est un roman de guerre presque paradoxal. Avec une grande liberté, entre chronique et fable, l'écrivain y assume le passage par la fiction pour parler du réel et de la violence de la Colombie de ces dernières décennies.

Écrire comme on crée un jardin   

Tout réapprendre – à vivre, à écrire –, tel est le nécessaire défi que le héros et narrateur des Plaines, livre du romancier argentin Federico Falco, se donne et relève au fil de neuf longs mois pendant lesquels il prend le temps de traverser le deuil d’une histoire d’amour en cultivant un potager aux abords d’un village perdu.

Une transition vers soi

Roman de formation, qui s’achèvera sur une transformation enfin assumée, La mauvaise habitude d'Alana S. Portero fait traverser nombre d’épreuves à son héroïne qui gagne de la liberté et de l’audace pour mieux les reperdre ensuite.

Sergio González Rodríguez, chroniqueur et voyant    

Qu’est-ce donc qu’un crime atroce ? Dans son dernier livre, Sergio González Rodríguez (1950-2017) dénonce la version officielle du massacre des 43 étudiants qui disparaissaient la nuit du 26 septembre 2014 dans l’État de Guerrero au Mexique. A Iguala, c'est toute l'ignominie du monde contemporain qui se reflète.

L’amour au temps du numérique 

Alan Pauls, qui n'en est pas à son premier ouvrage sur les aléas de l'amour, propose avec La moitié fantôme un roman philosophique à l'humour pince-sans-rire, qui interroge l'humain au temps du numérique et examine la souveraineté que peut nous laisser l'exigence contemporaine d'immédiateté.

Complainte pour un fleuve blessé

Vers la mère, le remarquable premier roman de Lorena Salazar, entremêle une intrigue intimiste à l’évocation des traumatismes d’un pays, en s’inscrivant dans une longue tradition de récits américains.

Le plus sauvage des détectives

Il apparaît dans Les détectives sauvages sous le nom d’Ulises Lima, mais la littérature le connaît sous le nom de Mario Santiago Papasquiaro. On peut découvrir aujourd’hui en français son éclatant poème, Conseils d’1 disciple de Marx à 1 fanatique d’Heidegger, érudit et vif, savant et pop.

Deux renards pour un Pérou

Grâce à Rosana Orihuela, on peut enfin lire en français Le renard d’en haut et le renard d’en bas de José María Arguedas. Un grand roman qui métisse les genres, les langues, les styles, pour raconter les deux Pérou, celui des Andes et celui de la côte.

Battre la mesure du temps à La Havane

Entre le 29 septembre 1949 et le 25 mars 1950, le grand écrivain cubain José Lezama Lima a tenu la chronique du Diario de la Marina de La Havane. Ses 91 textes sont traduits pour la première fois en français.

Penser l’exil

Le philosophe Carlos Pereda utilise les poèmes en tant que « méta-témoignages » pour distinguer trois modes d’expérience et d’expression de l’exil.