En 1922 paraissait, sous le pseudonyme de Marceli Weron, un texte que l’on attribue désormais au célèbre écrivain polonais Bruno Schulz (1892-1942). Déjà traduit dans plusieurs langues, ce texte demeure inédit en français. Si sa facture et sa qualité n’équivaut pas aux magnifiques textes des Boutiques de cannelle et du Sanatorium au croque-mort, on y entend les obsessions de l’artiste et il complète notre vision de son travail. Nous vous proposons une traduction originale accompagnée d’une présentation du traducteur.
Présentation
C’est dans le bimensuel des employés de l’industrie pétrolière de Borysław, Świt [1], que l’obscurité a pris sous elle, pour la première fois, le corps endormi d’Undula « comme un grand ours de fourrure ». Le récit y a paru le 15 janvier 1922 dans le n° 25-26, sous la signature de Marceli Weron, onze ans avant que Bruno Schulz ne publie Les boutiques de cannelle. Un malade y regarde les cancrelats traverser le plancher en biais, pendant que les ombres « tendent leurs longs cous » par-dessus ses épaules.
Lesia Khomytch a retrouvé ce texte inédit en dépouillant la collection de Świt conservée à la bibliothèque Stefanyk de Lviv. En 1921, le journal avait annoncé une exposition de gravures de Schulz ouverte à Borysław le dimanche 13 mars [2], où figuraient des planches du désormais célèbre Livre idolâtre. C’est dans l’une d’elles, Undula chez les artistes, que l’on retrouve la femme qui donne son nom au récit, renversée dans un fauteuil, un homme agenouillé à ses pieds. La revue Schulz/Forum a republié le texte en 2019, dans l’édition de Piotr Sitkiewicz que suit cette traduction.
Encore faut-il que Weron soit Schulz, et rien ne le prouve, même si un faisceau d’indices ne laisse guère de place au doute. Le nom d’Undula, que Schulz avait inventé pour ses gravures [3], a suffi à Khomytch pour l’avancer, et le récit en fournit d’autres avec la servante Adela, qui reviendra dans Les boutiques de cannelle, les cancrelats ou le Démiurge. Khomytch se demande si le pseudonyme ne vient pas de l’esthéticien français Eugène Véron, et relève dans le numéro suivant de Świt un compte rendu de la revue Skamander signé « mw » [4]. Ariko Kato, dans The Polish Review (2021), tient l’attribution pour une conjecture. Je la tiens pour acquise, sous bénéfice d’inventaire.
Schulz confiera plus tard, dans un entretien, qu’il aurait eu honte d’écrire une œuvre masochiste [5]. Et son frère Izydor, administrateur dans le pétrole et probable bailleur de Świt, ne pouvait guère voir le nom de la famille au bas de ces pages.

Le texte apparaît inégal. Sotirios Karageorgos le juge inférieur aux recueils (Pamiętnik Literacki, 2024) [6], et la phrase lui donne raison, portant encore la décadence de 1900, les adjectifs y avancent par paire : « blanchâtres et mous », « aveugle et sourd ». On peut s’inscrire je m’inscris en faux, en revanche, contre sa lecture du « prénéant maternel » vers lequel le narrateur cherche à rebrousser chemin, où il voit le néant d’après la mort [7]. L’adjectif renvoie au ventre de la mère, et toute la section parle d’un nourrisson. C’est elle qui m’a demandé le plus de travail. La douleur y devient un enfant que le malade cache aux ombres sous l’édredon, et à qui il parle comme à son fils.
Weron écrit omrocz là où le polonais courant dirait ciemność, et forge pranicość sur nicość, le néant. J’ai cherché des mots français qui existent sans être d’usage, « la ténèbre », « prénéant », « reclusoir », et gardé les répétitions, ainsi que ce passé simple qui surgit au milieu d’un monologue au présent. Frank Garrett, dans sa version anglaise (Sublunary Editions, 2020), traduit Demiurg par Maker ; je conserve Démiurge, parce que Schulz reprendra le mot dans le « Traité des mannequins » et que le français l’a.
Le récit a paru depuis 2020 en italien, en anglais, en espagnol, en néerlandais, en serbe et en finnois [8]. La bibliographie tenue par Schulz/Forum ne mentionne aucune version française. J’en propose ici une.
« Undula » de Bruno Schulz
Des semaines ont dû passer, des mois, depuis que je suis enfermé dans ce reclusoir. Je sombre sans cesse à nouveau dans le sommeil et me réveille encore, et les chimères de la veille s’emmêlent aux engendrements de la ténèbre [9] du sommeil. Ainsi s’écoule le temps. Il me semble avoir habité autrefois, il y a longtemps, cette longue chambre biscornue. Parfois je reconnais ces meubles démesurés qui montent jusqu’au plafond, ces armoires de chêne brut hérissées de vieilleries poussiéreuses. Une grande lampe d’étain gris, à plusieurs bras, pend de la voûte en se balançant légèrement.
Je gis dans un coin du long lit jaune, n’en remplissant de mon corps que le tiers à peine. Il est des instants où la chambre éclairée par la lumière jaune de la lampe se perd quelque part hors de ma vue, et je ne sens plus, dans la lourde inertie de la pensée, que le rythme puissant et calme du souffle qui soulève ma poitrine en cadence. Et d’accord avec ce rythme va le souffle de toutes choses.
Le temps suinte dans le sifflement fade de la lampe à pétrole. Les vieux meubles claquent et craquent dans le silence. Derrière moi, au fond de la chambre, les ombres se tapissent et conspirent, pointues, tordues, brisées. Elles tendent leurs longs cous et regardent par-dessus mes épaules. Je ne me retourne pas. Et à quoi bon ? À peine aurai-je regardé qu’elles seront toutes de nouveau silencieuses à leur place ; seul le plancher craquera quelque part, la vieille armoire grincera. Tout se tiendra là sans changement, comme avant. Et de nouveau le silence, et la vieille lampe se sucre l’ennui de son sifflement somnolent.
De grands cancrelats [10] noirs se tiennent immobiles et regardent la lumière sans pensée. Ils semblent morts. Tout soudain, ces carcasses plates et sans tête se mettent à courir d’une inquiétante course de crabe et traversent le plancher en biais.
![Marceli Weron [Bruno Schulz] Undula](https://www.en-attendant-nadeau.fr/wp-content/uploads/2026/11/Bruno_Schulz_-_Kobieta_z_pejczem_i_trzej_nadzy_mezczyzni.jpg)
Je dors et m’éveille, et me rendors encore, et sans cesse je me fraie patiemment un passage au travers des fourrés malades des chimères et des songes. Ils s’emmêlent et s’enchevêtrent, et ils cheminent avec moi, ces halliers blanchâtres et mous, exubérants, comme les pâles pousses nocturnes des pommes de terre dans les caves, comme les monstrueuses excroissances de champignons malades.
*
Peut-être est-ce déjà le printemps dans le monde. Je ne sais combien de jours et de nuits ont passé depuis ce temps-là… Je me souviens de cette aube grise et lourde d’un jour de février, de ce cortège pourpre de bacchants. Au travers de quelles nuits blêmes, dilapidées en fêtes, au travers de quels parcs lunaires de banlieue n’ai-je pas volé à leur suite, comme une phalène charmée par le sourire d’Undula. Et partout je la voyais aux bras des danseurs, défaillante et voluptueusement renversée, Undula dans ses gazes noires et ses petites culottes, Undula aux yeux ardents derrière la dentelle noire de l’éventail. Ainsi je la suivais, une fureur brûlante et douce au cœur, jusqu’à ce que mes jambes défaillantes refusent de me porter plus loin et que le carnaval me recrache à demi mort dans quelque rue déserte, dans l’épaisse ténèbre d’avant l’aube.
Puis ces errances à tâtons, le sommeil sur les paupières, par de vieux escaliers grimpant au travers de maints étages obscurs, ces traversées des noires étendues des greniers, ces escalades aériennes le long de galeries qui vacillaient sous les sombres souffles du vent, jusqu’à ce qu’enfin m’aspire en lui ce corridor paisible et connu où je me retrouvai à l’entrée de l’appartement de mes années d’enfance. J’appuyai sur la poignée et, avec un sombre soupir, la porte s’ouvrit sur l’intérieur de l’appartement. L’odeur de ces intérieurs oubliés m’enveloppa ; du fond de l’appartement sortit sans bruit l’ancienne femme de chambre, Adèle [11], qui marchait sans un son sur les semelles de liège veloutées de ses petites mules. Comme elle avait embelli pendant mon absence, comme ses épaules étaient d’un blanc nacré sous sa robe noire dégrafée. Elle ne fut nullement étonnée de ma venue après tant d’années ; elle était ensommeillée et revêche. Je vis encore ses jambes élancées, aux contours de cygne, qui s’éloignaient dans la noire profondeur de l’appartement.
Dans la demi-obscurité je trouvai à tâtons un lit défait et, les yeux s’obscurcissant de sommeil, je noyai mon visage dans les oreillers.
Un sommeil sourd passa sur moi comme un lourd chariot chargé du poussier de l’obscurité, et m’ensevelit sous la ténèbre.
Alors la nuit d’hiver commença à se murer de la brique noire du néant. Les espaces infinis se figeaient en un roc aveugle et sourd, en une masse lourde, impénétrable, qui envahissait l’espace entre les choses, et le monde se figea en néant.
*
Comme on respire mal dans une chambre prise dans les tenailles de la nuit d’hiver. On sent au travers des murs et des plafonds la pression de milliers d’atmosphères d’obscurité. L’air est stérile et sans nourriture pour les poumons. La flamme de la lampe se couvre de champignons noirs. Le pouls devient léger, superficiel. Ennui, ennui, ennui. Quelque part, profondément dans la masse compacte de la nuit, des hommes solitaires vont, lanternes à la main, par les noirs corridors de l’hiver. Il me semble que me parviennent leurs conversations sans espoir, leurs causeries apathiques et monotones. Undula, Undula repose dans son lit parfumé, dans l’étreinte d’un lourd sommeil qui aspire hors d’elle le souvenir de toutes les orgies et de toutes les fureurs. Son corps inerte et mou, écossé de l’étroitesse des gazes, des petites culottes et des bas, l’obscurité l’a pris sous elle comme un grand ours de fourrure, elle l’enferme dans ses quatre pattes énormes et rassemble ses membres blancs, veloutés, en une seule poignée douce et tendre au-dessus de laquelle elle halète de sa langue pourpre. Et elle, insensible, les yeux dans des songes lointains, se laisse inerte dévorer par l’obscurité, et dans ses veines de rose coulent les voies lactées des étoiles, bues des yeux en ces nuits de carnaval vertigineuses.
*
Undula, Undula, toi, soupir de l’âme vers le pays des bienheureux et des parfaits ! Comme mon âme se dilatait de cette lumière-là, quand je me tenais, humble Lazare [12], à tes seuils de clarté. Par toi, dans un frisson brûlant de volupté, j’ai connu ma misère et ma hideur à la lumière de ta perfection. Qu’il était doux de lire en un seul regard de tes yeux la sentence qui me damnait pour toujours, d’obéir avec la plus profonde humilité au geste de ta main qui me chassait loin de vos tables de festin. J’eusse douté de ta perfection, si tu avais agi autrement. Il est temps à présent de retourner à la cornue [13] d’où je suis sorti manqué et avorté. Je m’en vais souffrir jusqu’au bout l’erreur du Démiurge qui m’a créé.
Undula, Undula ! Bientôt je t’oublierai, toi aussi, clair songe de ce pays-là. L’ultime obscurité approche, et l’abomination de la cornue.
*
La lampe distille l’ennui et siffle sa chanson monotone. Il me semble avoir entendu cette chanson autrefois, il y a très longtemps, quelque part au commencement de la vie, quand – nourrisson malade et las – je geignais et faisais des caprices au long d’interminables nuits en pleurs. Qui donc m’a appelé alors et fait rebrousser chemin, quand je cherchais à tâtons la route du retour vers le prénéant [14] maternel ?
Comme la lampe fume. Les bras gris du candélabre ont poussé au plafond comme un polype. Les ombres complotent et chuchotent. Sans bruit les cancrelats traversent en courant le plancher jaune. Mon lit est si long que je n’en vois pas l’autre bout. Assurément je suis malade, gravement malade. Comme il est amer et plein d’abomination, le chemin de la cornue.
C’est alors que cela commença. Ces dialogues monotones et stériles avec mon mal [15] m’ont lassé jusqu’à la moelle. Je lui soutiens sans relâche qu’il ne me concerne en rien, moi qui suis pur intellect. Et à mesure que tout le reste se trouble et s’embrouille davantage, je sens de plus en plus nettement comment il se détache, lui qui souffre, de moi qui regarde. Mais en même temps je sens un léger effroi chatouillant.
La flamme de la lampe brûle de plus en plus bas, de plus en plus sombre. Les ombres tendent leurs cous de girafe jusque sous le plafond et veulent l’apercevoir ; mais je le cache avec soin sous l’édredon. Il est comme un petit embryon informe, sans visage, sans yeux ni bouche, et il est né pour souffrir. De la vie il ne connaît que toutes les formes et les monstruosités de la souffrance, qu’il découvre au fond de la nuit où il est plongé. Ses sens sont tournés vers le dedans et saisissent avidement la douleur sous toutes ses figures. C’est lui qui a pris mes souffrances sur lui [16]. Parfois il n’est plus qu’une sorte de grande vessie de poisson gonflée de douleur, avec sur sa membrane de petites veines brûlantes qui souffrent.
Pourquoi pleures-tu et fais-tu des caprices sans répit toute la nuit ? Comment soulager tes souffrances, mon fils, mon tout petit ? Que faire de toi, que faire ? Tu te tords, tu boudes et tu grimaces, tu n’entends ni ne comprends la parole humaine, et tu continues tes caprices, et tu fredonnes ta douleur monotone toute la nuit. À présent tu es comme une spirale de cordon ombilical, torsadée et palpitante…
*
La lampe a dû s’éteindre pendant que je somnolais. Il fait sombre et silencieux. Personne ne pleure. Rien ne fait mal. Quelque part très loin, très loin au fond de l’obscurité, quelque part derrière le mur, les gouttières bavardent. Mon Dieu ! c’est le dégel ! Les étendues des greniers grondent sourdement comme les caisses d’immenses instruments de musique. Dans le roc massif de ce noir hiver a dû se former la première fissure. De grands blocs d’obscurité se desserrent dans les murailles de la nuit et s’effritent. L’obscurité coule comme de l’encre par les crevasses de l’hiver, elle bredouille dans les gouttières et les égouts. Mon Dieu, le printemps vient…
Là-bas, dans le monde, la ville se dégage lentement des fers de l’obscurité. Le dégel déchausse maison après maison de ce mur de pierre de l’obscurité. Oh, pouvoir de nouveau puiser à pleine poitrine le sombre souffle du dégel, oh, sentir sur son visage ces grands pans de vent noirs et humides qui volent par les rues. Les petites flammes des réverbères, aux coins des rues, rentrent dans la mèche et bleuissent quand passent près d’elles ces pans de vent pourpres. Oh, s’esquiver maintenant et fuir, et le laisser ici, seul pour toujours avec sa douleur éternelle… Quelles basses tentations me souffles-tu à l’oreille, toi, vent du dégel ? Mais dans quel quartier de la ville peut bien se trouver cet appartement ? Sur quoi donne cette fenêtre condamnée par un volet ? Je ne parviens pas à me rappeler la rue où se trouvait l’appartement de mon enfance. Oh, pouvoir seulement regarder par la fenêtre, puiser une haleine de dégel…
Świt. Organ urzędników naftowych w Borysławiu, 1922, n° 25-26 (15 janvier), p. 2-5. Texte établi par Piotr Sitkiewicz, Schulz/Forum, n° 14, 2019, p. 5-12.
Traduit du polonais par Charles Garatynski
[1] Fondé le 1er janvier 1921, Świt. Organ urzędników naftowych w Borysławiu paraît tous les quinze jours jusqu’en juin 1924, tiré à 900 ou 1 000 exemplaires et imprimé à Drohobycz. « Undula » y occupe les pages 2 à 5. [2] L’exposition s’ouvre à 11 h à la Maison de l’Union technique, au 82 de la rue Kościuszko ; Świt l’annonce le 1er mars (n° 5) puis le 15 mars 1921 (n° 6). Voir Lesia Khomytch, « Wokół wystawy w Borysławiu. O dwóch debiutach Brunona Schulza », Schulz/Forum, n° 14, 2019. [3] Schulz ne l’abandonnera pas. Une gravure intitulée Undula paraît encore dans Sygnały en 1934 (n° 12), et Ariko Kato signale en 1930 un dessin légendé en yiddish, « Undula oyfin shpatsir », Undula en promenade, dans la revue Cusztajer (n° 2). [4] « Z książek nadesłanych. Skamander », Świt, 1922, n° 27-28, signé « (mw.) ». Eugène Véron (1825-1889) a publié une Esthétique en 1878 ; Khomytch n’avance l’hypothèse qu’avec prudence. [5] Khomytch s’appuie sur cet aveu, qui pourrait venir de l’entretien que Józef Nacht publia sous le titre « Wywiad drastyczny » dans Nasza Opinia (1937, n° 77). [6] Sotirios Karageorgos, « „Undula” – za kulisami egzystencji », Pamiętnik Literacki, 2024, n° 2, p. 47-58. Il rattache le récit à la longue maladie dont Schulz parle à Romana Halpern en novembre 1936 : « Ja sam leżałem raz przez 6 miesięcy – miałem wtedy 22 lata » (Moi-même, je suis resté couché six mois ; j’avais alors vingt-deux ans). [7] « Matczyna pranicość jest więc utożsamiana z nicością pośmiertną », ibid., p. 54, n. 15. [8] Par Irene Salvatori dans Il Foglio (2020), par Stanley Bill pour Notes from Poland (2020, repris dans Nocturnal Apparitions, Pushkin Press, 2022) et par Frank Garrett, par José Luis Amores (Pálido Fuego, 2021), par Lien Van Canneyt dans le Tijdschrift voor Slavische Literatuur (2021), par Branislava Stojanović dans Koraci (2020) et par Tapani Kärkkäinen dans Särö (2022).
[9] La ténèbre traduit omrocz, puis omroka, mot rare d’usage ancien ou régional pour une obscurité de demi-sommeil. Weron l’emploie trois fois et laisse ciemność, le mot courant, à l’obscurité proprement dite. [10] Schulz donnera le titre Karakony à l’un des récits des Boutiques de cannelle, connu en français sous le titre « Les cafards ». Le mot est plus rare que karaluch. [11] Première apparition de la servante qui régnera sur la maison des Boutiques de cannelle. Le polonais dit Adela ; les traductions françaises de Schulz l’appellent Adèle, et je les suis. Selon Jerzy Ficowski, elle eut pour modèle une servante de la maison Schulz, Rachela. [12] Le mendiant de la parabole (Luc 16, 19-31), couché à la porte du riche et qui désirait les miettes tombées de sa table. Le passage du tu au vous, « vos tables », est dans l’original. [13] Retorta, la cornue des alchimistes, où l’on prétendait faire naître l’homoncule. Dans le « Traité des mannequins », le père disputera au Démiurge (Demiurgos) le monopole de la création. [14] Néologisme de Weron, pranicość accole à nicość, « néant », le préfixe pra- de l’originel. Sur son sens, voir la note liminaire. [15] En polonais, ból, « douleur », est masculin, et le texte glisse, sous un même pronom on, de la douleur à l’être qui souffre, puis à l’embryon. « Mon mal » garde le genre. [16] Écho probable d’Isaïe 53, 4, repris en Matthieu 8, 17.
