Prodiges, de l'Argentine Angélica Gorodischer, est un étonnant roman choral, aux lisières du fantastique. Son flux textuel nous plonge dans la conscience de plusieurs personnages reliés par la maison où ils habitent.
Sébastien Omont
Remuements de fond
Drone, recueil de vingt-deux nouvelles, désagrège nos certitudes littéraires et existentielles. Traitant de ce qui reste quand tout s'est effondré, l'écriture de Fabien Courtal nous rapproche de l'essentiel.
La SF aux prises avec le réel
Dans quatre romans de science-fiction, Li-Cam, Ray Nayler, Claire North et Ian Soliane envisagent paradoxalement des IA positives comme adjuvants pour remédier aux maux qui menacent notre présent.
Un théâtre du néant
Chez Thomas Ligotti, le fantastique conjugue hantises fondamentales et humour du désastre. À l'intersection de Lovecraft et de Kafka, les treize nouvelles de Teatro Grottesco composent un recueil majeur de l'angoisse contemporaine.
Entretien avec Abdelaziz Baraka Sakin : « Calais est leur pays »
L'écrivain soudanais Abdelaziz Baraka Sakin est réfugié en France. Son roman Le corbeau qui m'aimait, mélange magnifique de révolte et d'humour, prend justement pour thème l'exil. Entretien à l'occasion du festival Atlantide 2026.
Suicidez-vous, les possédants sont morts
Voir venir de Lucile Novat et Vie d'O.-G. Gaillard de Christophe Ségas font partie de ces romans d'aujourd'hui qui nous troublent et nous interrogent profondément. Ils inventent des écritures obliques pour contourner les discours automatiques par lesquels des castes déjà mortes essaient de nous imposer un monde zombie.
BD majeure : entretien avec Bryan Talbot
Personnages complexes, variations sur les romans policier et noir, intrigues politiques, jeux sur de multiples références picturales : Grandville et Les carnets de Stamford Hawksmoor, de Bryan Talbot, constituent incontestablement un chef-d'œuvre de la bande dessinée, un feu d'artifice orchestré par un dessin virtuose.
Voix du monde
Du 19 au 22 mars, l'édition 2026 du festival Atlantide s'est tenue à Nantes. Pendant quatre jours, des autrices et auteurs de pays divers ont parlé de poésie et de guerre, de violences faites aux femmes et de narration, de longueur de la phrase et de corruption.
Langues hors de la dystopie
Dans Kò Mawon, Michael Roch porte l'hybridation de l'afrotuturisme caribéen et du cyberpunk encore plus haut que dans ses livres précédents. La poésie, l'inattendu et l'ambiguïté qu'il atteint prouvent qu'il est un écrivain important.
Dévorations totalitaires
Dans les drôles et effrayants Viande et Albin, publiés en tchèque en 1981, le dissident Martin Harniček dénonce le totalitarisme en jouant avec jubilation de l'humour noir, du comique de l'absurde, du renversement des valeurs.
Pousser le cadre
Une exposition à Épinal et son catalogue présentent dans toutes ses formes le travail de Frans Masereel. On y découvre l’œuvre d'un artiste engagé qui sut décrire avec une vive acuité la modernité du premier vingtième siècle.
Adieu Matara
Conjuguant Plutarque, La guerre des boutons et Cormac McCarthy, Matara du Finlandais Matias Riikonen s'impose comme un classique immédiat. Un récit d'une justesse et d'une intensité rares sur l'adolescence, la nature et la violence.
