Entretien avec Mathieu Brosseau

« Passer à l’intérieur des choses ». C’est ainsi que Mathieu Brosseau, poète et romancier, décrit son travail d’écrivain. Auteur de recueils de poèmes et d’un deuxième roman, Chaos, paru en février 2018, il s’est prêté pour nous dans les studios de Mediapart, au jeu de l’entretien.

Entretien avec Mathieu Brosseau En attendant Nadeau

Mathieu Brosseau © Jean-Luc Bertini

Dans son cinquantième numéro, la revue En attendant Nadeau rendait compte de Chaos, le dernier roman de Mathieu Brosseau, paru aux éditions Quidam, évoquait une « langue poétique inouïe » et l’invention d’un nouveau monde fictionnel. Dans Chaos, le langage, les corps en mouvement et leurs sensations, se déploient dans une effusion rare. La Folle, enfermée dans la chambre 2666 de La Ville, part avec l’Interne à la recherche de sa sœur jumelle. Récit d’une quête, Chaos est un roman inclassable à bien des égards.

Auteur d’un premier roman Data Transport publié en 2015 aux éditions de l’Ogre ou de recueils poétiques dont L’Animal Central ou Ici dans ça (Castor Astral), Mathieu Brosseau revient dans cet entretien sur son travail d’écriture, de création d’un langage sensible, d’invention d’identités poreuses et collectives. Entre poésie et roman, son écriture, sème la confusion entre les genres et les corps, et déploie des images mouvantes où la synesthésie des sons, des odeurs et des couleurs, crée un espace enivrant. Elle nous ramène alors à un chaos organique dans lequel les repères et les frontières se brouillent.

Invités à nous perdre, dans ces rythmes multiples, ces flux continus et discontinus, ces confins intérieurs, nous avons cherché à en savoir un peu plus. Comment s’invente une telle langue ? Comment s’écrit un tel monde, avec ses couleurs, ses musiques, ses matières, et ses odeurs si particulières ? Entre le roman et la poésie, quelle est la forme la plus à même d’accueillir ces chaos qui nous traversent ?

Mathieu Brosseau évoque dans cet entretien l’élaboration de cette matière poétique, en prise immédiate et sensible avec « le mouvement du monde ».

Jeanne Bacharach

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