Il y avait du poison dans l’air, qui s'achève sur l'explosion du port de Beyrouth en 2020, est sans doute le plus beau roman de Jabbour Douaihy, disparu quelques mois après. Il s'y entend une déclaration d’amour à ses lieux fondateurs, à la vie qui le quittait et s'y porte un regard lucide sur la situation dramatique de son pays.
Littérature
La rubrique littérature d’En attendant Nadeau regroupe tous les articles et entretiens de notre journal sur des ouvrages de littérature et de poésie en langue française et en langues étrangères. On y trouve des articles d’histoire littéraire aussi bien que des études de fond sur les principales autrices et principaux auteurs contemporains, comme des critiques des derniers livres parus. Lors de chaque rentrée littéraire, nous essayons de recenser les textes qui nous paraissent les plus significatifs et intéressants. Nous tenons en particulier à défendre les ouvrages d’éditeurs indépendants, ou d’écrivains et d’écrivaines pas assez mis en lumière.
Cette page rassemble aussi les articles sur le polar et le roman noir, la science-fiction et le fantastique.
Concentrations de Vincent
Après Cézanne et Berthe Morisot, Mika Biermann poursuit avec Trois femmes dans la vie de Vincent Van Gogh sa série de courts romans sur les peintres de la fin du XIXe siècle. Avec une grande originalité, il dépasse les clichés, trouve des moyens pour parler sans artifices de la peinture et d'un artiste. Son bref récit, très audacieux, parvient à toucher au nu de la création et à la joie de l'art.
La guerre dans la forêt
Inspiré d'un fait réel, magistralement composé, Eva et les bêtes sauvages d’Antonio Ungar est un roman de guerre presque paradoxal. Avec une grande liberté, entre chronique et fable, l'écrivain y assume le passage par la fiction pour parler du réel et de la violence de la Colombie de ces dernières décennies.
Un nouveau Törless
Sous le titre Les égarements de l'élève Törless paraît une nouvelle traduction, due à Dominique Tassel, du célèbre roman de Robert Musil. Sa tension narrative tient au rapport entre le geste destructeur de son auteur et la construction d'un conte philosophique et spéculatif.
Richard Glazar à Treblinka
Enfin traduit en français, Derrière la clôture verte. Survivre à Treblinka est un ouvrage essentiel pour comprendre le système d'extermination nazi. Le texte de Richard Glazar, témoin essentiel des procès de Treblinka et du Shoah de Lanzmann ouvre un espace de conscience morale pour les survivants.
Philippe Longchamp, les visions du poète
Les poèmes que Philippe Longchamp a réunis dans son nouveau recueil furent d'abord des lettres, accompagnées de vœux et adressées à des amis pour fêter l'année nouvelle. Et puis il a souhaité les offrir tous à un public plus large.
Jean-Philippe Delhomme, les mots du peintre
Dans Studio Poems , un livre petit de taille et discret dans son propos, un livre drôle et friand de critiques mordantes, Jean-Philippe Delhomme entremêle les poèmes, les dessins et deux langues : l'anglais et le français.
Retour vers le réel
À la lecture d'Identité nomade, on est décontenancé de voir J. M. G. Le Clézio exhiber ce qui, dans sa vie réelle, l’a incité à écrire ses romans. Une démarche surprenante qui fait penser à un prestidigitateur qui dévoilerait ses trucs. Et puis, bien sûr, on comprend que tout autre chose est en jeu.
L’ange passe, le pasteur se promène
Ceux qui appartiennent au jour, le premier livre d’Emma Doude van Troostwijk ressemble à une nature morte. Elle y saisit, avec une grande acuité, des sortes de micro-scènes de l'existence d'une famille de pasteurs protestants. Un récit d'une maîtrise formelle impressionnante qui explore à la fois la mémoire, l'oubli et les mots mêmes qui les expriment.
Trouver ses propres mots
Il aura fallu trente ans à Beata Umubyeyi Mairesse pour parvenir à raconter comment elle a pu survivre au génocide des Tutsis en 1994. Avec Le convoi, elle trouve une forme qui lui permet de raconter son expérience et de se réapproprier son passé.
Relire Beloved
Pour En attendant Nadeau, Mohamed Mbougar Sarr a relu Beloved de Toni Morrison, dans sa nouvelle traduction par Jakuta Alikavazovic. Comment cette nouvelle interprétation change-t-elle l'un des plus célèbres romans états-uniens du XXe siècle ? D'où vient le sentiment de faire face, de phrase en phrase, à une densité qui surprend tant le lecteur ? Et que nous fait-il ressentir de Toni Morrison aujourd'hui ? L'auteur de La plus secrète mémoire des hommes (prix Goncourt 2021) mène l'enquête.
Les débuts de la fin
Parmi la palette d’émotions offertes par la quarantaine de livres classés sous le nom du « post-exotisme » depuis le premier il y a quarante ans, celle qui provient de Vivre dans le feu est toute particulière. Plus encore que les autres, ce roman, présenté comme le dernier d'Antoine Volodine, traite de la fin d’une histoire et d'une vie. Et pourtant, il est entièrement tourné vers une initiation, c’est-à-dire un début. Si l’œuvre signée Volodine s’arrête, celle du post-exotisme continue.
