Le feu, tel que le conçoit Antoine Volodine dans son dernier roman, nous tient en haleine et nous fascine : il représente un aspect important de ce qui nous arrive dans un monde qui a malheureusement toutes les chances de s’embraser encore davantage.
Littérature
La rubrique littérature d’En attendant Nadeau regroupe tous les articles et entretiens de notre journal sur des ouvrages de littérature et de poésie en langue française et en langues étrangères. On y trouve des articles d’histoire littéraire aussi bien que des études de fond sur les principales autrices et principaux auteurs contemporains, comme des critiques des derniers livres parus. Lors de chaque rentrée littéraire, nous essayons de recenser les textes qui nous paraissent les plus significatifs et intéressants. Nous tenons en particulier à défendre les ouvrages d’éditeurs indépendants, ou d’écrivains et d’écrivaines pas assez mis en lumière.
Cette page rassemble aussi les articles sur le polar et le roman noir, la science-fiction et le fantastique.
Le sang coule, l’encre suture
La maison de la faim de Dambudzo Marechera est probablement le grand livre du jeune écrivain zimbabwéen mort en 1987 à trente-cinq ans. Il méritait une belle nouvelle traduction qui remette en lumière un texte qui fait éprouver la condition noire dans sa réalité la plus organique.
Poètes pugnaces et lyriques
Les recueils de Terrance Hayes et Donika Kelly abordent de front les insécurités d’une « existence noire » dans l'Amérique d'aujourd'hui. Des textes inventifs et audacieux qui trouvent un équilibre entre histoire personnelle et collective.
Dis, quand te souviendras-tu ?
Il y a quand même dans la rue des gens qui passent résonne comme une chanson de Barbara, tendre et un peu mélancolique. Le nouveau livre de Robert Bober est un magnifique récit d’aventures intimes qui retisse les bribes du passé, affronte sa violence et célèbre la force de vivre.
Pour qui écrire en yiddish ?
La traduction de deux recueils poétiques de Debora Vogel est porteuse d’un véritable mystère. Pourquoi cette philosophe et critique polonaise, polyglotte, proche du peintre et écrivain Bruno Schulz, et ici poète, a-t-elle finalement choisi d’écrire en yiddish ?
Un roman de chevalerie de la Renaissance en yiddish
Arnaud Bikard réussit la prouesse de restituer en alexandrins un texte écrit en yiddish ancien du XVIᵉ siècle : les aventures du chevalier Paris et de la princesse Vienne, directement inspirées de l'Arioste.
Prendre la joie au sérieux
Lire l'écrivain québécois Jean-François Beauchemin est un vrai bonheur. Ses deux livres – Le vent léger et Archives de la joie – nous lavent littéralement de la laideur et de la peur, de l’égoïsme et de l’aveuglement. Étonnants, ils font de nous des êtres neufs, prêts à continuer à aimer le monde en y décelant chaque bribe de beauté.
L’extase du pays natal
Dans Arpenté, Alain Freudiger raconte les territoires minuscules de son enfance. Avec une grande économie de moyens, il explore une géographie fondatrice, les expériences qui y prennent corps et confie l'illumination de la découverte de soi-même, de ses origines, de ses limites. Il se dégage de ce récit précis et touchant une sorte d'extase et de jouissance à être, tout simplement.
Écrire comme on crée un jardin
Tout réapprendre – à vivre, à écrire –, tel est le nécessaire défi que le héros et narrateur des Plaines, livre du romancier argentin Federico Falco, se donne et relève au fil de neuf longs mois pendant lesquels il prend le temps de traverser le deuil d’une histoire d’amour en cultivant un potager aux abords d’un village perdu.
À la poursuite du cristal bleu
Dans Fantastique histoire d’amour, Sophie Divry propose un épais roman qui mêle les codes de plusieurs genres. Elle tente aussi de marier le réalisme et le fantastique, un choix formel qui apporte une touche étrange, comme distanciée, à ce texte par ailleurs empreint de poésie.
Joseph Roth, l’éternel crépuscule
Sous le titre d’ensemble La marche de Radetzky, un volume rassemble les nouvelles traductions de sept romans de Joseph Roth. L'occasion de redécouvrir des livres qui, à l'instar de ceux de Robert Musil ou de Stefan Zweig, n'en finissent pas d'explorer le naufrage de l'empire austro-hongrois. Mais aussi de s'interroger sur son chef-d'œuvre dont les qualités littéraires réclamaient une retraduction fluide et énergique.
Une histoire qui tienne enfin debout
Il ne faut rien dire, le deuxième récit de Marielle Hubert est l'un des plus forts de la rentrée littéraire hivernale. On y découvre une voix, une manière de considérer la mémoire, la filiation, les violences et les fantômes qui nous hantent. Un texte d'une lucidité implacable dont l'audace narrative impressionne.
