Dessine-moi un mouton

La première grande exposition consacrée à F’murrr (1946-2018), HI-YO, c’est l’écho. L’esprit de F’murrr annoté par Camille Potte, se tient à Strasbourg au Musée Tomi Ungerer du 6 mars au 30 août 2026. De leur côté, les éditions Dargaud viennent d’achever la publication de l’intégrale de sa série phare Le Génie des Alpages. Une occasion de se pencher sur les brebis et les bergers dans la bande dessinée, avec en particulier l’impressionnant Démontagner de Maxime Cain.

F’murrr | Le Génie des Alpages. L’intégrale. Dargaud, 5 volumes entre 168 et 188 p., 22 ,95 €.

Maxim Cain | Démontagner. Actes Sud BD, 140 p. 28 €

F’murrr, Richard Peyzaret de son vrai nom, est décédé le 10 avril 2018 à l’âge de 72 ans. Dans un entretien avec Schtroumpf Fanzine en 1978 (numéro 17), le dessinateur expliquait qu’il avait créé son pseudonyme comme on met un masque au théâtre. Pour la petite histoire, son pseudonyme apparaît avec deux R dans les années 1970 à cause d’un rédacteur en chef zélé de Pilote qui ne voulait pas d’un triplement de consonne ! Brrrref, F’murrr avouait également avoir choisi ce pseudo par « souci publicitaire plus ou moins consciemment », avec aussi « une part de provocation » : « Fabriquer un nom complètement débile, ressemblant à une onomatopée, et l’imposer au public, ça me plaisait. » Il indiquait également s’inscrire dans la continuité de la dialectique du livre de Hoffman Le Chat Murr où deux histoires sont mises en parallèle : les mémoires d’un chat qui a appris à écrire – et se sent supérieur aux autres chats – et les contes de son maître, lui-même écrivain…

Traversée par l’absurde, l’ironie et la poésie, truffée de références culturelles ou de critiques de notre société, l’œuvre de Richard Peyzaret a été publiée dans les années 1970 et 1980 par plusieurs périodiques comme Pilote, Spirou, Métal hurlant, Circus, Fluide glacial et (À suivre). Ses histoires seront regroupées dans une trentaine d’albums dont Le Génie des Alpages (14 volumes parus chez Dargaud entre 1976 et 2007 maintenant réunis en intégrale), une série unique en son genre. « Les moutons philosophes, évoluant dans des montagnes à la fois bucoliques et abyssales, sont empreints d’un amour du non-sens et de l’absurde qui traverse toute l’œuvre du dessinateur. » souligne le dossier de presse de l’exposition de Strasbourg. Dans un petit théâtre métaphysique et un décor de montagnes, F’murrr met en scène un troupeau de brebis libertaires. Elles rivalisent d’inventions, de calembours et de réflexions philosophiques. Plusieurs personnages (berger, bergère, chien, bélier) et des dizaines de figurants bien campés viennent compléter le tableau. On découvre également dans chaque planche mille détails fantastiques sans lien apparent avec les histoires que nous raconte le dessinateur.

En novembre 1984, Les Cahiers de la bande dessinée (no 60) consacrait leur dossier à cet auteur à l’« inspiration déroutante », au « graphisme original […] qui creuse son sillon à l’écart des modes ». F’murrr se méfiait en effet des étiquettes et se disait « peu sociable ». Dans un entretien avec Thierry Groensteen, il expliquait sa méthode de travail : intégrer le hasard, le bricolage et le collage au processus de création ! Selon lui, il s’agit d’un « délire construit » couche après couche, boîte après boîte, sans jamais se laisser « arrêter par les contraintes du réalisme ». Les spécialistes des CBD analysaient ensuite l’absurde et le non-sens dans le récit ou dans le graphisme, mais aussi les jeux de l’auteur avec le vocabulaire, « une langue en perpétuelle invention » et en cela terriblement vivante. La science, la philosophie et la poésie sont également « les trois grandes sources auxquelles s’abreuve l’imagination » de F’murrr soulignait Thierry Groensteen. Une œuvre, selon Sylvain Bouyer, dans laquelle le dessinateur « nous sert un simulacre de représentation théâtrale particulièrement efficace. »

Trente ans plus tard, on lira avec intérêt et bonheur les différentes préfaces (à l’intelligente iconographie) de l’intégrale que publie Dargaud depuis 2019 comme autant d’hommages à l’art et au génie de F’murrr. Dans le premier volume, sous le titre « Le Grand Jeu des Alpages. Un génie en expansion », Jean-Christophe Menu décrit les rouages d’une œuvre à la « structure totalement ouverte » et « en expansion permanente », créatrice d’une « poétique » du neuvième art. Pacôme Thiellement poursuit ce travail dans « Le Génie de F’murrr », introduction au deuxième tome. Il explore les facettes du talent de l’auteur, la représentation de l’espace, du temps, le psychisme et l’onirisme du Génie des Alpages. Selon lui, son œuvre reprend et retape le « génie français » (Rabelais est convoqué) en s’abreuvant à la source de multiples articulations et en s’inscrivant dans un imaginaire pataphysique… Jean-Pierre Mercier signe la troisième préface, « Un jubilé de génie » qui revient sur le F’murrr « proto-alpagique », l’origine, les influences et l’évolution de la série commencée en janvier 1973 dans Pilote. Le dessin devient vite « le moteur de sa création et le lieu de nombreuses expérimentations ». Mercier relève également le féminisme de l’auteur (« F’murrr offre une image à la fois souriante et positive de toutes les femmes qu’il représente »).

Après les experts de la bande dessinée, la quatrième préface est titrée « Les métamorphoses des Alpages sous le regard de l’ethnologue » ! Guillaume Lebaudy est en effet un spécialiste de la transhumance et du pastoralisme. Pour lui, dans « un monde clos au temps quasiment figé, le troupeau des Alpages est le troupeau idéal » au temps du paradis perdu… Si ce n’était « l’envers du décor ». « La série n’a rien d’une bande dessinée d’humour, genre dans lequel certains lecteurs ou critiques inattentifs l’ont un peu vite classée. » souligne Lebaudy qui rappelle la rencontre puis la collaboration de F’murrr avec les professionnels du pastoralisme à l’occasion de la fête de la transhumance organisée à Die dans la Drôme. Le dessinateur réalisera l’affiche de l’évènement de 1991 à 2001. Un album retrace cette partie de la carrière de F’murrr : Éloge de la pentitude paru chez Glénat en 2002 (coll. « Les Albums de l’Alpe »). L’introduction du volume est signée par Yves Frémion. Dans une belle analyse de l’œuvre, il souligne que F’murrr est « le seul auteur de bande dessinée qui se soit jamais intéressé à la transhumance » ! Le spécialiste dresse même la liste alphabétique des noms des cent quatre-vingt-dix brebis du troupeau fmurrrien, « véritables héroïnes de la série alpine »… Pour le cinquième et dernier album de l’intégrale, l’introduction (« De l’amour à la laine : F’murrr par la bande ») rassemble quatorze émouvants témoignages de confrères et d’amis. Au grand bonheur des fidèles de l’artiste, ce dernier volume clôt la série par la publication du story-board du 15e tome des Alpages, À Pic, resté jusque-là dans les cartons du dessinateur…

Les auteurs des trois premières préfaces de l’Intégrale reviennent aussi sur les différentes influences (souvent revendiquées) de l’auteur : George Herriman et son Krazy Kat (« Les Alpages, comme le pays de Coconino d’Herriman, sont l’objet de variations purement graphiques d’un décor quasi permanent et immuable, faisant du paysage un élément mouvant, incertain, appelé à devenir lui-même personnage » souligne Jean-Christophe Menu) ; Rudolph Dirks dans les Kateenjammer Kids (« L’espièglerie de cette paire d’infatigables diables a beaucoup à voir avec la malice pleine de santé des brebis quand elles se lancent dans leurs folles entreprises », écrit Mercier) ; et d’autres comme Jean-Claude Forest ou Nikita Mandrika et son Concombre masqué… F’murrr fait preuve d’une liberté (le dessin prend souvent le pas sur le narratif) et d’une invention graphique qui rappellent également celles du pionnier américain Winsor McCay (auquel F’murrr fera quelques clins d’œil dans son œuvre). Enfin, le rapprochement est parfois opéré avec Fred, ce à quoi F’murrr répondait dans un entretien avec Jean-Pierre Mercier pour Falatoff (no 34/35, 1977): « C’est rigolo… C’est plus embêtant pour Fred que pour moi »…

Mais bien sûr, deux géants du neuvième art doivent aussi être évoqués. Adolescent, Richard dessine très tôt et se passionne pour la bande dessinée, il lit le journal Tintin (vite devenu « trop moralisateur et sérieux ») puis Spirou. Le graphisme de Franquin l’impressionne. « J’aurais voulu dessiner comme lui, ce qui était complètement utopique », explique-t-il dans son entretien avec Les Cahiers de la bande dessinée (no 60, 1984). « Plus tard, à force de voir dessiner Tardi, que j’admire beaucoup, je suis revenu à Hergé. » Avant de débuter, F’murrr est passé par les Arts appliqués où, selon lui, il n’a « pas fait grand-chose » à part prendre « contact avec un matériau » et dessiner (Falatoff, 1977). « Mais quand j’étais plus jeune, soulignait-t-il, je lisais beaucoup de bandes dessinées, et Hergé avant tout… J’ai sans doute commencé avec Tintin et c’est le seul que je relis, parce que c’est le seul qui vaut vraiment le coup ! » F’murrr ne cache pas son admiration pour le maître de la ligne claire, son travail, son art et sa carrière, volant à sa défense à une époque où Hergé était l’objet de nombreuses critiques. Nous avions repéré et compilé dans une petite brochure à tirage limité (Tonnerre & mille clins d’œil) une trentaine d’allusions graphiques ou scénaristiques aux Aventures de Tintin dans les albums de F’murrr (en particulier le Génie des alpages). Recevant ce petit fascicule en cadeau, l’auteur n’en revenait pas : « ce n’est pas vrai, j’en ai fait autant que ça ? »

Mais comme il le disait, « On ne se réduit jamais strictement à la somme de ses influences, il y a une dimension personnelle heureusement. » (Falatoff, 1977). F’murrr était aussi un type exceptionnel, que nous avons eu la chance de croiser lors des journées annuelles de l’association Les Amis de Hergé où il aimait se rendre avec ses amis Walthéry et Wasterlain et trainer au bar très tard dans la nuit, pas toujours tendre avec ses contemporains… Pour l’un de ses amis belges, organisateur d’un concours de pêche annuel dont l’heureux gagnant recevait un grand dessin original, il avait réalisé un superbe vaisseau plein à craquer de ses moutons. Malheureusement, il n’a pas pu le terminer et c’est Walthéry qui a complété ce qui est sans doute l’un des derniers dessins de F’murrr le fidèle… Dans l’un des textes de présentation du dernier volume de l’intégrale, son confrère Jean-Claude Denis écrit : « Comme dans ses récits, il gardait avec la réalité une distance qui rendait toute familiarité illusoire. Il pouvait se montrer à la fois bougon et malicieux, méfiant et généreux, sérieux et moqueur. » Et l’éditeur François Le Bescond de compléter ce portrait. Il décrit Richard Peyzaret comme « Un personnage unique, sauvage et indomptable, fin observateur, drôle, complexe, cultivé, méfiant, rebelle, parfois exaspérant, déroutant, touchant, inoubliable […] profondément désarmant et attachant »…

On peut se féliciter de la manière dont a été géré la succession de F’murrr depuis son décès… Nouveau signe de la reconnaissance du neuvième art, l’œuvre de l’auteur a en effet été sauvée par une dation exceptionnelle à l’État, une première en France pour le neuvième art, cette initiative étant jusqu’ici réservée à l’immobilier ou à la peinture… Autre étape de cette préservation, la création d’un fonds de dotation nommé « F’murrr au futur » dont la vocation est de promouvoir et pérenniser l’œuvre du dessinateur. Les actrices de cette transmission, Elisabeth Walter et Barbara Pascarel, deux amies de F’murrr mandatées par ses sœurs, le proclament haut et fort : il faut « entretenir la flamme fmurrienne ! ». Une journée d’étude a d’ailleurs été organisée le 27 mars à l’occasion de l’exposition de Strasbourg pour « examiner des perspectives multiples sur l’héritage de l’œuvre de l’auteur-illustrateur ». L’organisation de l’exposition HI-YO, c’est l’écho est l’un des signes de la bonne gestion de cette succession et du travail patrimonial engagé. On parle également d’une exposition en 2028 à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême… Il faut aussi signaler le programme de réédition en cours. Depuis quelques mois, les éditions 2042 ont republié Napahtalène et Cie et Le char de l’État dérape sur le sentier de la guerre. La sortie d’une nouvelle édition de Jehanne au pied du mur est annoncée pour l’année prochaine. Comme dans l’intégrale publiée par Dargaud, les histoires d’origine sont enrichies d’épisodes et de dessins inédits (en particulier des extraits des carnets de travail de l’artiste) et de paratextes permettant à une nouvelle génération de découvrir le génie de F’murrr dans de très belles éditions (Romain Garnier, « Redécouvrir l’héritage de F’murrr en 2026 », ActuaBD, le 21 février 2026).

De l’herbe a poussé dans les alpages depuis la parution du dernier volume du Génie et force est de constater que les brebis et les bergers ne sont pas légion dans la bande dessinée, à la différence de la montagne elle-même, de Hergé à Jean-Marc Rochette en passant par Cosey ou Jirō Taniguchi… À l’occasion d’une exposition sur ce thème, un livre y a été consacré : Pic & bulle. La Montagne dans la BD d’Isabelle Lazier, Philippe Peter et Nicolas Rouvière (Glénat, 2016). Quant à nos moutons, ils apparaissent de temps en temps, prétexte à des récits dont le thème central n’est pas le pastoralisme. On citera par exemple Le berger et l’assassin de Henri Meunier et Régis Lejonc (Little Urban, 2022) ou Les moutons veulent du sel de Emanuele Cantaro (Çà et là, 2025). Les questions relatives à l’élevage et au rapport de l’homme avec la nature sont plus fouillées dans des albums comme Dans les pattes des moutons de Maiiva sorti chez Cardère en 2019 (le quotidien d’un berger dans le sud de la France), Carburo-berger de Léo Bret paru chez Next Revel en 2022 (une réflexion sur le rôle d’éleveur et la condition animale entre sauvagerie et domestication) ou Au loup ! Chronique d’un retour de Troubs publié par Rackham en 2024 (les pratiques d’élevage perturbées par le retour du prédateur).

En 2015, La Brebis galeuse de Muriel Lacan a déboulé dans les bacs des libraires (trois volumes – La Vie de troupeau, Élections, piège à moutons et Doña Brebis de la Mancha – et une intégrale aux Éditions du Larzac, coll. « Du pain sur la planche »). Muriel Lacan raconte « L’histoire authentique de la brebis qui ne voulait pas se faire tondre. » Dans le troupeau, Brebis Galeuse est une rebelle. Destinée à la production laitière puis à la boucherie, victime d’un chien aliéné et du machisme de béliers « couillus », elle se révolte et dresse une crête d’Iroquois sur sa tête. Les trois volumes racontent les courtes histoires en une planche de cette attachante brebis, métaphores des luttes alternatives et écologiques de notre temps. Dans la même problématique, on signalera l’édition spéciale de Reporterre et La Revue dessinée (2025) intitulée Le mal des montagnes. Un monde à réinventer dans laquelle sont abordées les questions de l’agriculture en montagne, du pastoralisme et des ravages du tourisme. La jolie bande dessinée Reprendre le fil d’Élodie Potente et Simon Lamouret se penche en particulier sur la filière laine en Ariège.

Nous allons retrouver l’Ariège et les Pyrénées dans le premier et puissant album de Maxime Cain au titre intriguant : l’autobiographique Démontagner (Actes Sud BD). Le terme signifie « quitter la montage » et désigne la transhumance d’automne, le retour vers la vallée. Si l’importance du berger dans la série de F’murrr est allée en décroissant, elle est fondamentale dans Démontagner puisque c’est un berger d’estive qui raconte… Depuis une dizaine d’année, avec son chien Finet, le dessinateur Maxime Cain garde en effet des brebis confiées par différents éleveurs dans les pâturages de montagne. Rien a priori ne le désignait pour faire le berger. Après des études aux Beaux-arts, passionné de bande dessinée (il dessine « depuis toujours » indique-t-il), Maxime se questionne sur le moyen de gagner sa vie dans ce domaine… Il a alors l’intuition que faire berger comme job d’été lui plairait bien et il se lance… Dix ans que cela dure et l’aventure a donné naissance à ce récit. « Visuellement sublime, cet album est un moment de lecture d’une incroyable beauté. », estime Brigh Barber sur le site BDZoom. Ni thèse, ni manifeste, au-delà de ses qualités graphiques exceptionnelles, avec en particulier un trait épuré et une remarquable maitrise du noir et blanc, Démontagner présente le point de vue du berger, de son travail en montagne, comme un véritable témoignage très loin des clichés.

Selon le communiqué de presse présentant l’album, « Dans les montagnes, le pastoralisme existe encore. Mais ce n’est pas un refuge idéal, isolé du monde d’en bas. Ce n’est pas une longue sieste au bord des torrents frais, sous un grand soleil tiède, à l’ombre d’un troupeau docile […] ». Nous sommes confrontés à la solitude, au temps qui passe, aux angoisses, aux rencontres improbables… Certains passages sont marquants (le mouvement perpétuel du troupeau, la menace de l’orage ou des prédateurs, la tombée de la brume, la recherche d’une brebis perdue, le travail savant du chien, le destin comique d’une truite…) et on ne peut s’empêcher d’analyser comment sont traitées les mêmes scènes chez F’murrr ou chez Cain… On remarque aussi l’absence d’yeux du berger de Démontagner (comme chez certains personnages de F’murrr) et on admire tout le talent du dessinateur pour restituer les expressions d’un visage sans le regard… Mais revenons à nos moutons ! La bande dessinée semble capable de s’emparer de n’importe quel sujet… Au-delà de l’admiration que nous avons éprouvé pour l’art de F’murrr ou de Maxime Cain, c’est sans doute aussi parce que nous avons connu plusieurs bergers que nous avons cette tendresse particulière pour ces deux œuvres pastorales si différentes l’une de l’autre. Enfant, puis adolescent, nous avons gardé le troupeau au pied d’une montagne provençale. En compagnie des bergers et de leurs chiens, des gentilles brebis et des chèvres malicieuses, nous avons bien plus appris sur les bêtes et les plantes que sur les bancs de l’école. Et nous y avons engrangé parmi nos plus beaux souvenirs…

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