Entretien avec James Noël

Dans les studios de Mediapart, Pierre Benetti et Tiphaine Samoyault se sont entretenus avec le poète haïtien James Noël, qui publie son premier roman, Belle merveille, aux éditions Zulma.


James Noël, Belle merveille. Éditions Zulma. 160 p., 16,5 €


James Noël est l’un des poètes les plus marquants de la jeune génération haïtienne. Hormis ses recueils personnels, il a dirigé une Anthologie de la poésie haïtienne (Points Seuil) et a signé un texte pamphlétaire, La migration des murs, paru aux éditions Galaade. Son premier roman, Belle merveille, comme ce texte engagé, fait écho au séisme qui a ravagé l’île d’Haïti le 12 janvier 2010. Mais, peut-être parce que le temps a passé et qu’une plus grande distance lui est permise, ils traitent moins de l’événement, de sa description singulière, que des représentations et des discours qui en émergent. En particulier celles diffusées depuis l’extérieur du lieu dévasté : discours des organisations internationales, des institutions, des bailleurs de fonds.

Belle merveille, expression haïtienne de l’effroi et de l’étonnement, montre la volonté d’inventer une forme textuelle capable de traiter et de transformer ces discours en abolissant les frontières, les barrières, les séparations qu’ils avaient figées – en mesure de les faire trembler. Ce déplacement opéré par l’imagination de la langue n’est pas que littéraire, il est aussi géographique pour les écrivains insulaires, dont James Noël, à travers ses livres comme à travers la revue qu’il a créée, Intranqu’îllités, est l’une des plus fortes figures actuelles.

Dans l’entretien qu’il a accordé à EaN et Mediapart, il revient sur ces questions politiques, historiques et intimes, mais aussi sur son rapport à la langue, à l’écriture, sur le passage de la poésie à la forme romanesque qu’il éprouve comme « un premier cri », comme « une urgence, une poussée intérieure ». Attaché à « explorer des genres », il semble animé par un mouvement perpétuel et partage la manière qui lui semble essentielle de se déplacer, « d’ouvrir des fenêtres », de quitter des lieux, des formes, pour en découvrir de nouveaux.


Lire aussi le blog de James Noël dans le Club de Mediapart.
Cet entretien a été publié sur Mediapart.

Pierre Benetti et Tiphaine Samoyault

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