Le dernier livre de Vassili Golovanov, disparu en 2021, est le récit d'un voyage en Azerbaïdjan qui tisse des liens entre le passé et le présent, entre les morts et les vivants, entre la Russie et l'Orient. Il débute dans le réel pour caresser ensuite le songe romanesque.
Littérature étrangère
La politique sous un casque
Robert Menasse, l'un des plus importants romanciers contemporains en langue allemande, nous propose avec L'élargissement une fiction qui s'amuse avec l'ambiguïté des lieux et des situations et se révèle de nouveau comme un maître du tragi-comique.
L’amour au temps du numérique
Alan Pauls, qui n'en est pas à son premier ouvrage sur les aléas de l'amour, propose avec La moitié fantôme un roman philosophique à l'humour pince-sans-rire, qui interroge l'humain au temps du numérique et examine la souveraineté que peut nous laisser l'exigence contemporaine d'immédiateté.
Dans le nid d’un Pulitzer : entretien avec Hernán Diaz
Steven Sampson s'est entretenu avec Hernán Diaz, dont le roman Trust a été couronné par le prix Pulitzer en 2023. Constitué de quatre « documents » écrits par quatre personnages différents à quatre moments distincts de l'Histoire, ce livre s'inscrit dans le sillage de Borges.
Être vivant jusqu’à la mort
Avec son récit intitulé Misericordia, Lídia Jorge rappelle avec force et poésie que les plus anciens d'entre nous ont une vie bien à eux, qui n'a pas moins d'intérêt ou de richesse que la vie de n'importe qui d'autre, et que leur présent n'est pas moins important que leur passé.
Incantation pour la souveraineté du peuple
Dans Glory, l'écrivaine zimbabwéenne NoViolet Bulawayo raconte l'histoire d'un pays fictif peuplé d'animaux, le Jidada. Elle signe un récit où l’humour le dispute à l’horreur, et qui résonne avec les questions d’hier et d’aujourd’hui.
Avis de tempête littéraire
Les naufragés du Wager, de David Grann, se présente comme un magnifique roman d’aventures dont l’intrigue, fascinante à bien des égards, est menée tambour battant. Il se double d’une réflexion très contemporaine sur l’essence et le rôle des récits dans nos sociétés.
Carnaval grec
Dans Le Phénix, l'écrivain grec Christos Chomenidis porte un regard tendre et ironique sur un épisode célébrissime de l'histoire de son pays. Il nous offre un roman de la désillusion qui a un goût d'amertume postmoderne.
Un œil indien et un œil blanc
Ni loup ni chien est un livre sur la difficulté d'être un Indien dans l'Amérique contemporaine. Kent Nerburn, acteur essentiel du dialogue entre Amérindiens et Blancs aux États-Unis, a écrit en 1994 ce roman qui tient à la fois du road trip et du récit initiatique, et qui va au cœur de l’histoire et de la spiritualité amérindiennes.
L’exil palestinien comme épopée solaire
Publié en arabe en 1998, puis traduit en de nombreuses langues dont l’hébreu, La porte du soleil, d'Elias Khoury, est sans doute le plus beau livre qui ait été consacré à la tragédie palestinienne.
Une écriture enchantée du monde paysan
Bonne nuit mes doudous a pour cadre un village d’une âpreté magique, étranger à la modernité, à l’atmosphère proche de Giono. Le romancier grec Nikitas M. Papakostas a écrit là un troublant petit chef-d’œuvre.
Un angle mort du partage colonial
Au Humboldt-Forum de Berlin, l'exposition d'une grande pirogue a suscité de vives polémiques : elle est devenue le symbole du colonialisme allemand. Cet épisode de l'histoire a été mis en poèmes cinglants par Volker Braun.
