La poète et artiste Etel Adnan (1925-2021) n'a été que bien tardivement reconnue. La publication concertée de trois livres, en particulier d'un nouveau recueil, vise à rattraper ce retard. Mais si ces textes témoignent d'une grande variété, on y perçoit de vrais problèmes et de troublantes ambiguïtés.
Littérature
La rubrique littérature d’En attendant Nadeau regroupe tous les articles et entretiens de notre journal sur des ouvrages de littérature et de poésie en langue française et en langues étrangères. On y trouve des articles d’histoire littéraire aussi bien que des études de fond sur les principales autrices et principaux auteurs contemporains, comme des critiques des derniers livres parus. Lors de chaque rentrée littéraire, nous essayons de recenser les textes qui nous paraissent les plus significatifs et intéressants. Nous tenons en particulier à défendre les ouvrages d’éditeurs indépendants, ou d’écrivains et d’écrivaines pas assez mis en lumière.
Cette page rassemble aussi les articles sur le polar et le roman noir, la science-fiction et le fantastique.
Les « filles de l’Est » ne font pas que passer
Écrivaine, performeuse et cinéaste, Elitza Gueorguieva dynamite les stéréotypes. Elle brosse dans Odyssée des filles de l'Est le portrait de deux jeunes émigrées bulgares à Lyon au début des années 2000. Ne nous y trompons pas, au-delà du comique, il faut aussi y entendre un récit politique fort, un texte assumé sur l'identité et la domination.
Mon père Wari’
Dans Paletó et moi, l'anthropologue brésilienne Aparecida Vilaça se souvient de l'homme qui était devenu peu à peu son père adoptif parmi la communauté autochtone où elle enquêtait. Son récit profond et drôle fait une histoire intime des bouleversements connus par les Wari', dans une approche enthousiasmante de l'ethnologie.
Déambulation d’exil
Hisham Matar avait depuis treize ans abandonné le roman. Il y revient avec Mes amis, livre élégant et parfaitement maîtrisé, qui oscille entre jeux de la mémoire et déambulation dans Londres. On y retrouve sa lucidité face aux conflits de l'exil, au déracinement, à la solitude et à l'histoire récente et terrible de la Libye.
Une revue qui ouvre le réel
Tous les "mooks" ne se ressemblent pas. Attaques #5 n'a rien de l'objet à la mode ou qui joue la carte de la séduction. Sous une forme kaléidoscopique et tous azimuts, cette revue dessine un dialogue labyrinthique qui nous questionne sur notre place dans le monde.
Version mojave
Après celle de son Poème d’amour postcolonial en 2022, la traduction en français du premier recueil de poèmes de Natalie Diaz permet de lire sa poésie dans ce qu’elle a de plus féroce. Retour sur le parcours de cette figure littéraire du peuple Mojave, qui déjoue les stéréotypes et inverse les rôles dévoués aux Blancs et aux Amérindiens.
La GP au mitard
Dans N’oublie rien, Jean-Pierre Martin revient sur son emprisonnement, en 1970, alors qu'il était militant de la Gauche prolétarienne. Récit carcéral et témoignage d'une étonnante sincérité, son livre revient sur l'indignation du jeune homme qu'il était et les ruptures qui le portaient, tout en replaçant le politique au centre de l'existence.
Faire son œuvre
Au cœur des événements de 1968 paraît L’Œuvre au noir, qui occupe le cinquième volume de la correspondance de Marguerite Yourcenar. C'est autour de cet astre qu'on découvre le cheminement intellectuel et spirituel de l’auteure parmi « le brouhaha des faits extérieurs ».
Deux révolutionnaires qui passent
Faire un roman entier à partir d'une brève digression de Victor Hugo dans Les Misérables n'est pas une mince affaire. En enquêtant sur les parcours de deux révolutionnaires antagonistes de 1848, Olivier Rolin entremêle histoire littéraire et politique, vérité et fiction. Un roman-vrai qui questionne l'engagement politique et sa dimension profondément romanesque.
Un écrivain français chez les nazis
André Beucler, auteur quasi oublié du roman Gueule d'amour adapté avec Gabin au cinéma, a été l'un des intellectuels et journalistes les plus important des années 30. Dans le contexte actuel, il semble plus qu'utile de lire ses textes d'une véritable lucidité sur une Allemagne qui s'enfonce peu à peu dans le totalitarisme nazi.
Histoire d’une trahison
Porté par une écriture d'une grande liberté, De plomb et d'or de François Jonquet parle d'art et d'artistes. C'est à la fois un portrait magistral de Christian Boltanski hissé au rang d'idole et une satire très réussie des milieux de l'art contemporain.
Comment (encore) lire Sylvain Tesson ?
Au-delà de la polémique qui entoure le parrainage par Sylvain Tesson du "Printemps des poètes", on peut se rendre compte de ce qu'écrit Sylvain Tesson en le lisant. Ambitieux d'exprimer les solitudes essentielles et la grandeur de la nature, il ne le fait quasiment que sous forme de clichés faciles.
