Au cœur du dernier roman d'Enrique Vila-Matas, qu'on pourrait qualifier d'écrivain « au troisième degré », se pose une question intime et décisive : comment continuer à écrire ? Ou plutôt : comment continuer d'écrire la difficulté de continuer à écrire ?
Littérature étrangère
Cette page Littérature étrangère rassemble les articles d’En attendant Nadeau sur des livres traduits. Romans, récits ou textes autobiographiques. Depuis 2016, En attendant Nadeau traite des grands domaines linguistiques, comme des littératures étrangères moins traduites en français. Nous nous intéressons à l’anglais, à l’espagnol, à l’allemand, au japonais, au chinois, au russe, à l’arabe. Mais aussi au finnois, au grec, au coréen, au turc ou au roumain.
Parce que la littérature, sans être uniforme, n’a pas de frontière, nous voulons nous ouvrir à tout ce qui se fait d’intéressant autour du globe et qui nous parvient en traduction, et même parfois à ce qui devrait être traduit. Traducteurs et traductrices nous guident dans les langues comme dans autant d’espaces de liberté.
Dans les catacombes du Nigeria
Comme ses œuvres précédentes, le troisième roman de Wole Soyinka, lauréat du prix Nobel de littérature en 1986, ne peut être dissocié des grandes interrogations politiques de notre époque. L'auteur s'y révèle intransigeant, violent et virtuose.
À Vienne, on ne fait pas que valser
Perplexes devant le changement, inquiets de ne pas y trouver leur place, les personnages que Robert Seethaler met en scène dans Le café sans nom frôlent parfois le désespoir. Mais l’envie qu’ils ont de se laisser surprendre jusqu’au bout par le spectacle du monde et de ceux qui l’habitent finit par l’emporter.
Sergio González Rodríguez, chroniqueur et voyant
Qu’est-ce donc qu’un crime atroce ? Dans son dernier livre, Sergio González Rodríguez (1950-2017) dénonce la version officielle du massacre des 43 étudiants qui disparaissaient la nuit du 26 septembre 2014 dans l’État de Guerrero au Mexique. A Iguala, c'est toute l'ignominie du monde contemporain qui se reflète.
Le Questionnaire de Bolaño : Yoko Tawada
En attendant Nadeau poursuit son « Questionnaire de Bolaño », du nom du dernier entretien donné par l'écrivain chilien à la veille de sa mort. Après Enrique Vila-Matas, Jakuta Alikavozic et Pierre Senges, c’est au tour de Yoko Tawada, dont l'œuvre passe de l'allemand au japonais, d'y être invitée.
Les êtres sans contours
The Visitants est un roman polyphonique inspiré d’un voyage de l’auteur aux îles Trobriand, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans les années 1950. Randolph Stow y évoque des événements qui mêlent des Australiens blancs et des Papous dans un récit étonnant. Le mot « visitants » du titre peut vouloir dire « visiteurs » aussi bien que « êtres surnaturels » : de quoi intriguer le lecteur !
Résignations israéliennes
À tout lecteur curieux de comprendre les tensions et contradictions de la société israélienne contemporaine, on ne saurait trop recommander la lecture de Stupeur. Impressionnant par sa maîtrise narrative, le nouveau livre de Zeruya Shalev – le sixième à être traduit en français – réussit à combiner récit intime et souffle historique.
Entre deux jardins
L'écrivain américain Allen S. Weiss circule avec autant d'aisance entre les jardins à la française et ceux de Kyoto. Ses deux livres montrent l'érudition étourdissante et la fantaisie d'un esprit curieux de plusieurs cultures.
Bienvenue au Leseland
Le héros du nouveau roman d'Ingo Schulze, De braves et honnêtes meurtriers, dévore ce que d'autres ont écrit et ne fait confiance qu'aux livres. C'est aux lecteurs que le grand romancier de l'ex-RDA confie les clés du récit : il fait d'eux les seuls véritables gardiens de la littérature.
Sorties de l’ombre
Bien des noms d'écrivaines sortent actuellement de l'ombre. C'est le cas de deux autrices de langue allemande, Hedwig Dohm, pionnière du droit de vote, et Adelheid Duvanel, impressionnante par la force et la poésie douloureuse de son œuvre.
Tout montrer
« Il faut tout montrer » : telle est l’injonction qui guide l’autrice péruvienne Gabriela Wiener. Et c’est bien ce qu’elle fait, presque compulsivement, dans son premier roman, Portrait huaco. Connue notamment pour ses incursions dans le journalisme gonzo et ses performances, elle se place ici, à nouveau, au centre de son récit afin de prolonger ses investigations autour du moi.
« Un livre délirant » : entretien avec Emily St. John Mandel
Steven Sampson s'est entretenu avec Emily St. John Mandel à l'occasion de la publication de son sixième roman, La mer de la tranquillité, histoire d’un voyageur du temps qui traverse plusieurs siècles, et œuvre d’autofiction.
