Ukraine : un concert de voix

Ukraine

Polonaise, elle a publié deux recueils de poèmes remarqués, des illustrations qui lui ont valu des prix ; essayiste, Alicja Rosé a « sillonné l’Europe » pour parler avec des poètes ukrainiens dans la guerre. Ses rencontres l’ont placée aussitôt devant la question de la langue, plus exactement devant les choix de ces artisans de la langue que sont par excellence les poètes. Alicja Rosé, qui avait dialogué sous les premières bombes de février avec son amie ukrainienne Iya Kiva, a confié à EaN un récit de son voyage et dessiné un portrait collectif de ses rencontres.

Par la fenêtre de l’appartement berlinois, je vois un châtaignier qui donne des fruits, et dont les feuilles sont peu à peu mangées par le temps revêtu de brun. Dans le magasin au coin de la rue, je remarque sur l’étagère une vodka Gorbatchev, quatre fois filtrée, très pure bien entendu. Mikhaïl Gorbatchev est mort il y a quelques jours. C’est grâce à lui qu’est tombé le régime qu’il a essayé de sauver en lui redonnant un peu d’oxygène sous la forme de la perestroïka et de la glasnost. Néanmoins, le même Gorbatchev devait déclarer : « L’union soviétique sans l’Ukraine est impensable » (Ukrainian Weekly, 24 novembre 1991). Pour certains, l’Union soviétique est apparue comme un iceberg dont la fonte a révélé des entités qui n’existaient pas auparavant, tels les Pays baltes ou justement l’Ukraine. En 1989 est entré en vigueur le décret du Droit à la langue, reconnaissant l’ukrainien comme la seule langue officielle. Jusqu’à présent, il existait en Ukraine une diglossie avec un partage entre une langue de statut supérieur, le russe, et une langue de statut inférieur, l’ukrainien. « Les années 80 ont été celles d’une renaissance nationale », m’explique sur zoom le poète et romancier ukrainien Iouri Androukhovytch depuis son appartement d’Ivano-Frankivsk, où l’on entend moins souvent l’alarme aérienne ; « la langue, c’était le sujet numéro un. Le décret sur la langue a donné lieu à un grand débat dans la société ». Iouri s’est activement investi dans le sauvetage de la langue, comme si c’était une espèce végétale menacée. Il fallait lui créer de nouvelles conditions spéciales, de nouvelles publications, s’occuper de l’écologie de la culture, de l’écologie de l’esprit. Le peuple est peut-être une communauté imaginée (imagined community), comme le pense Benedict Anderson, il est cependant difficile de considérer les langues comme des entités imaginaires.

Ukraine : un concert de voix, par Alicja Rosé

En haut à partir de la gauche : Daryna Gladun, Iouri Andrukhovych et Ilya Kaminsky. En bas : Marianna Kiyanovska, Iya Kiva, Natalia Belchenko, Ostap Slyvynsky. Dessin d’Alicja Rosé © Alicja Rosé

Depuis sept mois (aujourd’hui s’achève le septième mois d’une guerre en Ukraine qui s’intensifie), je sillonne l’Europe pour discuter avec des poètes ukrainiens, je recueille leurs récits comme si je voulais ainsi les alléger de leur ballast non nécessaire. Il n’y a pas de jour où, dans les rues de Berlin, je n’entende le russe, le polonais ou même le turc. Nous sommes en plein printemps quand je rencontre l’écrivaine et performeuse de Boutcha Daryna Gladun, à Viktoria-Louise Platz vis-à-vis le restaurant Potemkine ; ce qui m’embarrasse, et je me promets de ne plus jamais entrer dans ce restaurant. Daryna, tout entière vêtue de noir avec un sac haricot de cuir qui l’enveloppe comme une écharpe, propose pourtant de se rendre à l’inauguration de l’exposition des artistes ukrainiens sur Alexanderplatz. Nous traversons les stations suivantes dans les sous-sols des anciennes distilleries, munies de masques, regardant les témoignages des crimes commis par les Russes, auxquels Daryna répond d’une voix calme comme si c’était une leçon de méditation. Non, elle n’a pas vu ça de ses propres yeux, elle a fui Boutcha au dernier moment. Il n’y avait plus de moyens de transport, elle et Lesyk Panasiuk, également poète, ont dû faire une douzaine de kilomètres à pied. À la sortie du souterrain, je demande ce que je peux faire pour eux maintenant. A-t-elle besoin de parler ou bien de rester en silence avec moi ? Non, elle a déjà son rituel. Elle va à la librairie Dussman et, parmi la multitude des livres, elle trouve le calme. En revanche, moi, je ne le trouve pas. Je me mets à courir. Je ne peux pas m’arrêter et je traverse ainsi en courant la moitié de Berlin, jusque chez moi. J’ai l’impression de n’avoir pas cessé de courir. Le même jour, Lesyk Panasiuk m’envoie des photos de leur appartement à Boutcha, où il est allé remplacer les fenêtres. Sur le sol de tout l’appartement, on voit le verre des vitres brisé en millions de morceaux que recouvrent comme une neige figée des livres et d’autres objets.

Je me rappelle cela quelques mois plus tard, tandis que je suis attablée au restaurant Potemkine, ce dont je ne parlerai absolument jamais à personne. Je ne dévoilerai pas qu’un violent orage m’a surprise sur Victoria-Louise Platz et que c’est là que j’ai trouvé un abri. Autour de moi j’entends la langue russe et je me sens bizarre tandis que la pluie s’intensifie. Je viens de rentrer de Paris, où l’été indien s’épanouit. Nous nous sommes réunis dans mon logement à Paris avec Ella Yevtouchenko et Anna Maligon, poétesses de Kyiv, après la promotion de leur anthologie de poèmes ukrainiens à la Maison de la Poésie. Deux jours plus tôt, Ella était à Nancy où, dans le restaurant de l’hôtel, son application annonçant une alerte aérienne a retenti. L’éditeur et les membres de l’Académie Goncourt se sont figés à l’intérieur du luxueux hôtel. Ella avait oublié de l’éteindre dans son téléphone quand elle est partie de Kyiv. Ella aux cheveux roux, en robe verte à fleurs, ressemblant un peu à un elfe, me raconte que chez elle on parlait russe, sa mère est russe. L’ukrainien a été un choix conscient mais au début c’était une langue étrangère, « je devais tout me traduire dans ma tête ». Elle a néanmoins lu la littérature mondiale en russe, les traductions en ukrainien ne lui donnant pas satisfaction. Elle qualifie la langue russe d’héritage des colonisateurs. « Parler, c’est exister absolument pour l’autre », écrivait Frantz Fanon, originaire de la Martinique. Les colonisateurs, en privant les dominés de leur langue, leur ont enlevé la possibilité d’une véritable expression et leurs habitudes langagières, selon Sartre, à côté du portait duquel j’étais assise au café il y a peu. « Comment pouvaient-ils renoncer au français après tant d’années ? », se demande Isabelle Macor, tandis que nous dînons ensemble. Sartre affirme que, en tentant de s’assimiler à la culture du colonisateur, on renie sa propre identité. « Il fallait tout regarder par le prisme russe », me dit la poétesse de Lviv Natalia Trokhym ; elle téléphone de la ville de Koutaïssi en Géorgie : « tout cédait la place à la culture russe. Il est temps de faire la connaissance de soi-même ». Ostap Slivinsky de Lviv me dit la même chose, assis, en chemise noire, devant son ordinateur : « Il serait trop simple de dire que la langue est innocente, elle n’est pas seulement un outil de communication, elle est aussi un instrument d’exercice de la violence. Dans les territoires occupés, les inscriptions changent. » Il n’imagine pas que le russe revienne en Ukraine, ni la littérature russe. Il dit qu’une quarantaine est nécessaire et, alors seulement, je comprends qu’en ce moment le russe est pour lui comme une sorte de covid.

« La langue était un moyen d’imposer un joug spirituel », écrit Ngugi wa Thiong’o. L’écrivain kényan a renoncé à l’anglais au profit des langues kikuyu et souahili. Nous en discutons le soir, moi et Clara Simpson, actrice irlandaise résidant à Paris. « Tu sais, dit Clara, je ne dirais pas que l’anglais n’a pas été agressif à l’égard de l’irlandais. » Il ne lui reste que peu de souvenirs de l’irlandais. Je me remémore de façon rhétorique la question d’Eric Hobsbawm : celui qui a des doutes quant à la comparaison de la Grande-Bretagne avec l’URSS devrait se demander quelle nationalité désigne l’appellation « Grande-Bretagne irlandaise ». En rentrant chez moi, je reçois une lettre de Natalia Blok de Bâle. Sa grand-mère paternelle l’a élevée dans la langue russe. Jusqu’à l’âge de cinq ans, Natalia ne comprenait pas de quoi discutaient sa deuxième grand-mère et sa mère en ukrainien. Elle a appris l’ukrainien plus tard. Natalia et moi nous sommes rencontrées il y a de nombreuses années au cours d’une résidence à Gotland. Elle ne connaissait pas l’anglais alors. J’étais la seule personne avec laquelle elle pouvait discuter en russe. Mon russe écorché. Je n’ai jamais étudié cette langue, mais ma mère me lisait à voix haute des poèmes de Mandelstam, Akhmatova, Tsvetaieva dans l’original. On écoutait en boucle les disques noirs des chansons de Vissotsky et Okoudjava. J’apprends que jusqu’à présent j’ai employé parfois inconsciemment des mots qui ne sont pas polonais. Il y a quelques mois, j’ai demandé à un ami qu’il m’aide à descendre par l’escalier une lourde tchémadan ( Чемадан : valise, en russe). Il m’a regardée, ahuri. Ce n’est donc pas un mot polonais… Non, je ne savais pas que c’était du russe. Ça vient du persan. À la BBC, il y a en ce moment un programme appelé Tchémadan consacré aux réfugiés iraniens. La walizka polonaise, quant à elle, tire son origine du français…

Je retourne à Berlin et j’apprends qu’Olga Bragina, poétesse de Kyiv, n’a pas où loger à partir de demain. Sa résidence arrive à son terme. Je l’invite chez moi avec sa mère. Inna Krasnoper, une poétesse russe qui habite à Berlin depuis des années, les amène en voiture. J’apprends que la langue n’appartient pas à un seul pays : « Le russe n’est pas la propriété de la Fédération de Russie », dit Olga. Avec sa mère, je parle en russe, ce à quoi Iya Kiwa, qui vient du Donetsk, hoche la tête en signe de réprobation quand je le lui raconte plus tard sur zoom. Pour Iya, le russe est cette chambre dans laquelle elle ne veut plus entrer. Chez elle, on parlait russe. Elle écrivait des poèmes dans les deux langues, mais maintenant, consciemment, elle choisit l’ukrainien. « La relation Russie-Ukraine est une relation toxique, au lieu de choisir un nouveau partenaire, on continue à penser à l’ancien. »

Je termine ma discussion avec Iya et je cours à mon rendez-vous avec Ilya Kaminski, le poète d’Odessa qui vit aux États-Unis. Il est à un festival à Berlin. Il me parle d’un oncle qui a été abattu dans la rue, à Odessa, après la guerre, pour avoir parlé yiddish. Je pense à cela lorsque je vois plus tard les poèmes d’Ilya traduits dans la langue des signes que je ne comprends pas, mais que je regarde, fascinée. Aux États-Unis, de la fin du XIXe siècle aux années 1960, les étudiants sourds étaient battus et contraints de s’asseoir sur leurs mains afin de ne pas utiliser la langue des signes. Cela me rappelle le récit de Natalia Trokhym, poète de Lviv, quand on obligeait les enfants de l’école maternelle à parler russe. Natalia s’est révoltée et, pour avoir parlé ukrainien, on l’a mise sur le balcon en décembre et en sous-vêtements. Elle y est restée debout comme une statue. « C’était ma guerre, je voulais en sortir vainqueur, je n’ai pas pleuré ». Elle a attrapé une néphrite et elle n’est plus retournée dans cette maternelle. On peut dire qu’elle a gagné. Iouri Androukhovytch me raconte qu’à la maternelle on pratiquait des méthodes soviétiques, on ordonnait aux enfants de parler russe et ils s’adressaient entre eux par leurs noms de famille. Sa grand-mère, en allant le chercher un jour, constata : « Vous avez tous des noms ukrainiens et vous vous adressez les uns aux autres en russe ? »

Ukraine : un concert de voix, par Alicja Rosé

« Testament of Bucha » : une voiture prise pour cible par les tirs de l’armée russe, tuant ses occupants (Tamila Mishchenko, sa fille de 14 ans Hanna Mishchenko, Zhanna Kameneva et Maria Ilchuk), qui cherchaient à fuir Bucha assiégée. La carcasse de la voiture a été installée à Berlin © Ilya Kaminsky

Natalia Belczenko, poète de Kyiv, m’envoie une lettre, elle a traduit mes poèmes en ukrainien. Je suis émue et je songe à ce que cela représente. Je me souviens de notre brève rencontre cet été. Natalia revenait d’une excursion organisée par l’Institut du Livre sur les traces de Mickiewicz. Il faisait très chaud, Natalia portait une robe claire à pois noirs. Elle m’a rapporté que dans sa famille on parlait russe. Sa mère était russe, ses parents étaient originaires des villages de Bielomiestnoye et Pietropavlosk de la région de Belgorod. En revanche, la grand-mère paternelle était ukrainienne. Elle était arrivée à Kyiv dans les années 1930 pour y faire ses études et elle ne parlait que l’ukrainien. « Mais avec moi elle s’exprimait en russe, sans doute pour que je n’aie pas de problèmes », explique Natalia. L’ukrainien apparaissait dans les chansons quand elles chantaient ensemble. C’était une sorte de zone sans danger, un domaine neutre. Natalia a écrit sept livres en russe et deux en ukrainien. (En écrivant cela, j’ai soudain conscience que j’emploie un russisme, je devrais plutôt écrire : en langue russe, en langue ukrainienne.) Je lui demande si la littérature russe est importante pour elle. « Je lui ai consacré assez de temps pour voir d’où vient l’état actuel des choses. »

Je pars quelques jours : Paris, Stockholm, Bergen. Je lis des poèmes, je rencontre des gens de différents pays. Au dîner, après le festival de Bergen, Sonia me raconte d’où elle est. Du Portugal. Sa langue maternelle est donc le portugais, observé-je. « C’est compliqué », répond-elle et elle change de sujet. Mais je m’intéresse à ce qui est compliqué. « Vois-tu, mon père vient du Cap-Vert, il parlait le crioulo. Le portugais, c’est la langue du colonisateur. » Plus tard, il a émigré au Portugal où il a rencontré la mère de Sonia et ils sont partis ensemble en Hollande.

Le néerlandais est sa langue maternelle, dit-elle. Elle est allée une fois au Portugal mais ses grands-parents riaient de son portugais, qu’elle parlait comme une enfant, selon eux. J’y reviens en pensée à l’aéroport de Bergen, en attendant l’enregistrement, et c’est alors qu’arrive une lettre de Boris Khersonski, poète de Chernivisty qui vit à Odessa, il attend son train à Ravenne. Ils sont en Italie où Ludmila a une résidence. Ils ont fui Odessa au dernier moment. Je me souviens de la photo de leur appartement barricadé comme un bunker avec des livres en cas d’explosion. Les livres protègent des éclats de verre, ils les empêchent de retomber dans l’appartement. Chez Boris Khersonski, on parlait « le russe d’Odessa » qui est comme un smoothie de yiddish, russe, polonais, ukrainien et bulgare à l’intérieur. Ses parents l’avaient envoyé étudier dans une école russe mais ils avaient insisté pour qu’il étudie l’ukrainien à partir du cours élémentaire (CE2). Il écrivait des poèmes dans « le russe d’Odessa ». « Mon prof russe aimait mes poèmes tandis que l’ukrainien ne les aimait pas. » Ils avaient pourtant quelque chose en commun, ces enseignants : leur enseignement était médiocre. « Boris a fait un geste important, depuis Maïdan il écrit exclusivement en ukrainien », me rapporte Marianna Kijanowska, poétesse de la région de Lviv. « Mais je ne renie pas le russe », m’écrit Boris.

Marianna a traduit les poèmes de Boris en ukrainien. Elle a dû pour ce faire trouver une nouvelle langue. La langue d’Odessa. C’est une autre syntaxe, une autre phonétique. Il a fallu créer une langue pour cette traduction. Je prends un café avec Marianna près de l’université. Elle porte un collier en tissu à motif fleuri populaire. Chez elle, on ne parlait que l’ukrainien. Son grand-père n’avait pas d’auteurs russes chez lui à part Blok. Marianna connaît la littérature russe sur le bout des doigts. De fond en comble, en fait, de l’intérieur et au-delà. Tchekhov et Gogol ne sont pas russes jusqu’au bout. Ils sont au-delà. Comme Conrad : un peu polonais, un peu ukrainien. Et pour raconter cet héritage, il a choisi l’Afrique. Il ne s’agit pas du russe, il s’agit de quelque chose de plus, d’une langue plus élevée. Marianna me raconte qu’elle traduit d’une langue élevée. Il ne s’agit pas de la langue de la propagande, la langue idiomatique est une langue morte. Il s’agit d’une langue dans laquelle habite le cogito. Ce n’est peut-être pas un hasard si Marianna a acheté un appartement à Lviv non loin du lieu où Zbigniew Herbert a habité. Mais c’est l’un des rares auteurs polonais que Marianna ne parviendrait pas à traduire en ukrainien car elle ne sait pas transposer l’ironie. En revanche, elle rend parfaitement la mélodie, ce que je ressens quand elle lit à voix haute, à sa manière mélodieuse, sa traduction de « La locomotive », le poème de Tuwim, et j’ai l’impression que c’est du polonais. Comme si elle avait réellement trouvé une langue métaphysique par-delà les clivages, pour faire référence à Walter Benjamin. Par-delà la langue privée, au sujet de laquelle écrivait Wittgenstein.

À la fin de la journée, je me promène au Tiergarten avec mes amis biologistes Olivia Judson et Alexandre Courtiol, ils veulent me montrer les castors. Leurs organes sexuels ne sont pas visibles, dit Alexandre. On ne peut pas les distinguer de cette façon. Il n’y a que leur odeur qui le permet. Olivia s’y connaît. Elle sait. Nous sommes restés sur le bord à humer. Je ne sentais que l’odeur de l’eau. Et c’était bon. Olivia était en mesure de nous dire ce qu’il en était, il y avait là un couple de castors. Nous étions arrivés un peu tard. Ou bien trop tôt. Difficile à dire, Hegel aurait peut-être su. Une écrivaine allemande à qui je parlais de lui me dit que, justement, il y a un livre, Hegel et Haïti, sur le soulèvement en Haïti. Sur le maître et l’esclave. Et j’ai pensé à The Servant, un film de Joseph Losey sur un scénario d’Harold Pinter, au fait que le serviteur est en réalité le maître. Et à ce que Foucault a écrit sur le sujet, et aussi à la biopolitique. Ce qui m’a ramenée à mes amis biologistes et à nos réflexions sur l’héritage, comment dans les liens du sang il est question de pouvoir. La génétique et le sang, ce n’est que de la biopolitique. Je préfère l’affection. La tendresse. Exprimées dans n’importe quelle langue.

Traduit du polonais par Isabelle Macor

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