Entretien avec Robert Menasse

La Capitale est sans doute le premier roman sur la Commission européenne. Jusque-là, personne ne s’y était risqué, on se demande bien pourquoi. L’auteur réussit l’exploit d’en faire un vrai matériau fictionnel, mêlant questions existentielles, intimes, historiques, familiales, politiques, au sens noble et au sens moins noble.


Robert Menasse, La Capitale. Trad. de l’allemand (Autriche) par Olivier Mannoni. Verdier, 442 p., 24 €


Ajoutons que c’est un portrait de Bruxelles, avec ses chantiers interminables, son métro, ses bistrots, son cosmopolitisme. Il y a également un cochon fou (mais existe-t-il vraiment ?) qui sème le bazar dans les rues du centre. Et un assassinat dans un hôtel qui semble beaucoup contrarier le gouvernement belge. Bref, c’est à la fois une satire et un polar, une méditation sur la solitude et une réflexion sur l’identité européenne. Tout cela en fait un roman aussi drôle que mélancolique.

Depuis quarante ans, Robert Menasse a écrit une bonne trentaine de livres, romans et essais. C’est un des auteurs contemporains les plus respectés en Autriche et en Allemagne. En 2010, il a eu envie de travailler sur le fonctionnement de l’Union européenne et a donc pris un appartement à Bruxelles où il a séjourné régulièrement jusqu’en 2016. De cette expérience, il a tiré des essais, dont Un messager pour l’Europe (2015), et participe depuis avec passion aux débats sur l’avenir de notre continent. La Capitale est d’ailleurs un hommage à Jean Monnet et Walter Hallstein, deux des fondateurs de l’Europe. Début janvier, alors que le livre avait reçu le prestigieux Prix du livre allemand et qu’il venait de sortir en France, une polémique a éclaté en Allemagne et en Autriche. Le reproche principal adressé à Menasse porte sur la manière dont il cite Walter Hallstein, présentant comme des citations ce qui est en fait des paraphrases (fidèles) des textes de Hallstein, dans le roman mais aussi dans certaines discussions. L’écrivain a reconnu son erreur et s’est excusé, la polémique semble éteinte.

La Capitale commence modestement, comme une chronique ultra-informée, mi-admirative et mi-moqueuse, des institutions européennes. Petit à petit, le récit monte en puissance, ou plutôt en profondeur, et en complexité. On y rencontre des fonctionnaires européens : Fenia Xenopoulou, une Grecque ultra-carriériste, furieuse d’être reléguée à la Culture qui est, comme chacun sait, la moins prestigieuse des directions. Martin Susman, un Autrichien sympathique et dépressif. Le comte Romolo Strozzi, quintessence de sophistication européenne et de politesse exquise, autant d’armes fatales derrière lesquelles il dissimule un mépris désinvolte pour ses interlocuteurs, les abandonnant à la fin d’une conversation, essorés, ligotés, vaincus par tant d’urbanité perverse.

On croise aussi un killer polonais, catholique et mystique qui travaille pour des services secrets, mais lesquels ? Il est totalement détestable et le lecteur le déteste d’ailleurs sans réserve, jusqu’au moment où il découvre le cauchemar qu’a été son enfance. Émile Bruffaud, flic sympathique et honnête, qui mange et boit beaucoup trop. Un président des Producteurs de porc européens qui peste sur les incompétents de Bruxelles. Un punk polonais qui inspire autant de dégoût que de compassion : coiffure grotesque, t-shirt frappé d’un doigt d’honneur et scarifications mal cicatrisées sur le bras gauche.

Et puis il y a le voyage à Auschwitz qui donne parmi les pages les plus… on n’ose dire réjouissantes, disons les plus hallucinantes du roman. Cela commence par un email : « Cher Martin Susman, je me réjouis de pouvoir vous accueillir prochainement à Auschwitz. » L’invitation est accompagnée d’un conseil très ferme : pour résister au froid polaire, privilégier les sous-vêtements allemands. Cela continue avec la remise d’un badge « Guest of Honour in Auschwitz », au dos duquel on peut lire : « Ne perdez pas cette carte. En cas de perte, vous n’aurez aucun titre justifiant votre séjour dans le camp ». La visite est un crescendo de tragicomique, d’autant plus violent qu’il vient percuter l’histoire de David de Vriend, un vieux monsieur qui a été déporté à Auschwitz, y a perdu toute sa famille et aime marcher entre les tombes ; « tant qu’il existait des cimetières, il y avait la promesse d’une civilisation. Ses parents, son frère… avaient leur tombe dans les nuages».

Plus tard, le récit nous emmène sur une route d’Europe centrale. On y croise une colonne de réfugiés, sans doute syriens. Parmi eux, une femme, foulard sur la tête, est assise, soutenant un homme grièvement blessé, un automobiliste visiblement européen qui vient d’avoir un accident. Un photographe immortalise l’image de cette pietà contemporaine. Sa photo, vue des millions de fois, procurera « à un Occident chrétien inquiété par l’afflux de musulmans une seconde historique de sentimentalité ». Toute ressemblance avec la photo du petit Aylan est bien sûr exclue. De même que toute ressemblance avec des réfugiés du siècle précédent.

Mais revenons à Bruxelles. Rentré d’Auschwitz avec une bonne grippe malgré des sous-vêtements allemands, Martin Susman a l’idée géniale d’organiser un Big Jubilee Project autour des survivants des camps : après tout, l’unification européenne est liée au serment « plus jamais Auschwitz ». Son idée sera l’accélérateur de tout ce qui peut partir en vrille à Bruxelles. Ce qui nous permet de lire de très instructives pages sur les meilleures stratégies pour faire échouer un projet, Machiavel n’a qu’à bien se tenir, l’Italien Strozzi est d’ailleurs un maître en la matière : « Quand on veut tuer une idée, il faut commencer par l’approuver et lui promettre un soutien total.  À cet instant-là, n’importe qui baisse joyeusement la garde ». Autre levier : l’exacerbation des nationalismes. « Les petits pays étaient, comme il s’y attendait, les plus rapides à entrer en résistance quand leur… quand leur quoi ? Leur identité ? Leur honneur national ? Bref quand un élément parmi ceux-là était en jeu. Ça ne ratait jamais. »

Chapitre après chapitre, La Capitale nous entraîne de manière magistrale dans un maelström de chaos, horreur, fou rire, tristesse, Schadenfreude… Le lecteur est balancé entre des émotions contradictoires, le récit fonce à tombeau ouvert vers une fin d’autant plus forte qu’elle nous laissera avec des questions non résolues.

Nous avons rencontré Robert Menasse en janvier à Paris.

Robert Menasse, La Capitale

Robert Menasse © Wolfgang Schmidt

D’où vient l’idée de ce roman ?

Un soir, en lisant le journal, je me suis rendu compte qu’on voyait partout des phrases du genre : « Bruxelles veut que… », « Bruxelles décide que… ». Je me suis dit : il y a dans un autre pays que le mien une ville qui décide de choses qui me concernent directement et je n’ai aucune idée de comment ça fonctionne. Et puis je n’ai aucune image de cette ville. Quand on dit Paris, Berlin, Vienne… des images vous viennent à l’esprit, mais si on dit Bruxelles à un Viennois, qu’est-ce qu’il voit ? Rien, il ne voit rien. Bruxelles a réussi cette prouesse de n’avoir aucune image d’elle-même à exploiter. À part l’Atomium, qu’on ne voit pas dans la ville, et le Manneken-Pis, un nain à l’humour piteux. Cela dit, le Manneken-Pis a eu une fois un rôle politique, pendant l’occupation nazie. Les Bruxellois n’arrêtaient pas de déposer des drapeaux nazis dessous et donc le Manneken-Pis n’arrêtait pas de pisser dessus. Les nazis ont fini par enlever la statue.

Comment avez-vous travaillé à Bruxelles ?

J’ai enquêté, mais pas comme un journaliste. Je voulais voir si je pouvais trouver des personnages de romans, je voulais savoir comment les fonctionnaires vivent, comment ils travaillent, quel genre de personnes ils sont. J’ai donc cherché à en rencontrer autant que possible. J’ai par exemple demandé à un haut fonctionnaire comment se passait sa journée, comment s’organisaient les réunions, toutes ces choses concrètes. Il a rigolé et m’a répondu : venez demain à mon bureau à 7 heures. Ah non, vous êtes écrivain, alors venez à 10 heures. Vous pourrez passer toute la journée avec moi et regarder ce que je fais par-dessus mon épaule.

Cette transparence m’a beaucoup impressionné. J’ai vraiment de l’admiration pour le travail de ces fonctionnaires, non seulement ils sont très qualifiés mais, dans leurs rapports entre eux, ils doivent être bien plus créatifs que ceux qui travaillent dans leur propre pays. Tous les hauts fonctionnaires d’un pays ont la même formation. Avec des collègues issus de 25 pays différents, les choses sont plus compliquées, mais elles permettent aussi une palette plus large de solutions. C’est ce que j’appelle la créativité.

Vous dites souvent que les journalistes n’ont pas beaucoup de sympathie pour l’Europe…

Je vais vous donner un exemple. Jean-Claude Junker a récemment proposé qu’on crée une assurance-chômage européenne qui serait un premier pas vers une Union européenne sociale. Cette proposition a été critiquée par la presse allemande. Pas seulement par les journaux populaires, mais aussi par des journaux de qualité qui se diraient sans hésiter pro-européens. Les critiques ont été si violentes que Junker a retiré sa proposition. Autre exemple : dans certains pays, il y a des allocations familiales pour les enfants ; dans d’autres, il n’y en a pas du tout. Un fonctionnaire européen a remarqué qu’en Europe chaque enfant devait avoir la même valeur. Dit dans ces termes, tout le monde est d’accord, bien sûr. Mais à l’instant où un Allemand dit : si ça se trouve, on va être obligés de payer pour des enfants roumains avec l’argent de nos impôts, la colère explose.

Il y a à Bruxelles des fonctionnaires dont le cœur bat vraiment pour l’Europe. On peut les critiquer, mais ce sont des êtres humains. Certains travaillent dur, d’autres sont des arrivistes. Certains sont mélancoliques, et même dépressifs, quand ils constatent les résistances auxquelles ils se heurtent. D’autres sont euphoriques parce que des petits pas ont été faits. Mais il y a surtout les institutions : alors que la Commission européenne cherche à faire une politique communautaire, le Conseil de l’UE tente de bloquer des mesures qui seraient trop communautaires et ses membres défendent des intérêts nationaux. Cette contradiction fondamentale est à l’origine de tous les blocages.

Dans le livre, vous faites une description très précise, et parfois critique, des processus de décision. On a aussi l’impression que vous vous êtes bien amusé.

Je ne suis pas un satiriste, je ne suis pas un amuseur. Mais je suis un spécialiste de la mise en évidence du tragicomique…

… comme lorsque vous racontez le voyage de Martin Susman à Auschwitz ?

Oui. C’est tragicomique, mais je n’ai rien inventé. Je suis allé Auschwitz pour l’anniversaire de la libération du camp. Ce jour-là, il est fermé aux visiteurs et on vous donne un badge qui vous autorise à participer à la cérémonie. Sur ce badge, il y avait marqué – je n’arrivais pas à le croire – « Guest of Honour in Auschwitz, ne perdez pas ce badge», etc., je l’ai raconté dans le roman. Ensuite, alors que je venais de sortir d’une chambre à gaz, complètement sonné, j’ai allumé une cigarette. Deux policiers polonais sont venus vers moi en disant : « No smoking in Auschwitz ». Dans tout le système de Bruxelles, on trouve du tragicomique. Ce n’est jamais aussi brutal et violent qu’à Auschwitz mais, partout, la tragédie et la comédie semblent se télescoper.

Entre le moment où vous avez commencé votre enquête et celui où vous l’avez finie, avez-vous changé d’opinion sur l’Union européenne ?

Oui. J’ai toujours été un partisan de l’unification, mais j’avais malgré tout un regard ironique sur l’idée européenne. Avant, je pensais : tant que la démocratie européenne ne fonctionne pas vraiment et que le Parlement européen n’est pas un parlement doté de toutes ses prérogatives, nous devons défendre les démocraties nationales. On ne peut pas échanger quelque chose qui fonctionne à peu près contre quelque chose dont le fonctionnement est décevant. Ce que j’ai appris à Bruxelles, c’est que si la démocratie communautaire ne fonctionne pas, c’est justement parce que nous défendons les démocraties nationales. Maintenant, je défends la démocratie européenne et je me suis engagé pour son développement.

Robert Menasse, La Capitale

Votre père a été un enfant juif qui, en 1938, à l’âge de huit ans, a été envoyé en Angleterre dans un Kindertransport pour échapper aux nazis. Vous-même avez vécu en Italie et au Brésil. Vous avez une position très antinationaliste. Diriez-vous que c’est lié à votre histoire personnelle et à votre histoire familiale ? 

Bien sûr. Ça a un rapport fondamental avec ma famille et avec ma biographie. Je n’ai jamais réussi à comprendre ce qu’était une identité nationale. Qu’est-ce qu’un Autrichien ? La république alpine, les montagnes, le folklore, toute cette Autriche fantasmée… Je regarde ce que l’Autriche m’offre en guise d’identité, et je ne m’y retrouve pas. Les Lederhosen (culottes de peau), ce genre de choses, ça ne m’a jamais intéressé. Par contre, j’ai grandi à Vienne, une métropole très loin des montagnes. J’ai toujours pensé que quelqu’un qui vient d’une ville a plus de rapport avec quelqu’un qui vient d’une autre ville, même si l’autre ville est dans un autre pays. Quel est le lien national entre un paysan du Tyrol et moi ? Je peux être ami avec un Tyrolien, mais aussi avec un paysan du Péloponnèse ou de l’Alentejo, pour moi, c’est la même chose. Alors j’ai bien une identité, je suis viennois, oui, ça c’est clair. C’est une culture qui s’est développée historiquement, une expérience de vie dans une ville. Mais au-delà de ça, l’identité nationale, je ne sais pas ce que c’est.

Il y a une autre chose, fondamentale. Pour moi, les droits de l’homme sont indivisibles. Or le nationalisme traite les droits de l’homme comme un gâteau dont il voudrait avoir la plus grande part. Tous les droits pour nous, le même groupe, la même nation. Et pour les autres, on verra ce qui reste. Ça me choque, et c’est dangereux. Quand un pays européen, la France par exemple, livre des armes en Syrie, les Français disent : c’est notre droit, de cette vente dépendent l’emploi, les bénéfices et donc la prospérité de notre pays. Mais quand les gens fuient pour échapper aux armes que nous envoyons là-bas, ils viennent chez nous et nous disons : ils n’ont pas le droit de faire ça et nous devons protéger notre nation.

Et puis, il y a l’exigence philosophique qu’imposent les droits de l’homme. Je sais que les nationalismes sont dangereux parce que je sais où ils ont mené. Le nationalisme a dans son noyau même quelque chose d’agressif contre les autres. À Bruxelles, en revanche, j’ai été fasciné de voir que vivaient et travaillaient ensemble des gens venant de tant de pays différents, avec tant de mentalités culturelles différentes. Pour cette raison, je considère que Bruxelles est un laboratoire de l’Europe.

En Allemagne comme en France, les critiques littéraires ont insisté sur l’aspect politique de votre livre. Mais c’est avant tout un roman et j’ai réalisé que la plupart de vos personnages étaient très seuls. Est-ce parce qu’ils vivent à Bruxelles ? Ou est-ce juste l’état d’esprit dans lequel vous vous trouviez quand vous écriviez ?

Il est inévitable que, souvent, les fonctionnaires de la Commission se sentent solitaires ou le deviennent réellement. Quand les fonctionnaires commencent à travailler à Bruxelles, ils laissent beaucoup de choses derrière eux : pays natal, culture, famille, vie sociale… Ils se font un nouveau cercle d’amis, mais c’est différent de ce qu’ils ont laissé. Et puis, quand ils sont mariés, le conjoint qui a une activité professionnelle dit : moi je n’ai pas de job à Bruxelles, mon travail est ici. Ils se jurent de se voir tous les week-ends, ça dure six mois, deux ans, ensuite ils divorcent. De nouveaux mariages se font au sein de la Commission. On voit un fonctionnaire français divorcé épouser une fonctionnaire portugaise divorcée. Ils ont des enfants et personne ne sait qui doit verser les allocations familiales. Les Français disent : c’est Bruxelles, le Portugal aussi, mais Bruxelles n’est pas d’accord. Nous parlions tout à l’heure d’UE sociale. Les fonctionnaires européens savent bien ce qui est en jeu. Contrairement au contribuable allemand.

Ce roman est à la fois très drôle et très sombre. Dans la biographie de quasiment chaque personnage, il est question de dépression, de perte, de maladie, de mort. Parfois aussi de culpabilité. Est-ce juste une ligne dans le roman ? Ou est-ce en lien avec une autre ligne, qui relie Auschwitz et l’Europe ?

C’est vrai que le livre est à la fois très drôle et très mélancolique, comme vous le dites. Je ne sais pas si le monde que je décris est réellement comme ça ou si c’est moi. Mais, en ce qui concerne cette ligne sémantique entre Auschwitz et l’Union européenne, oui, il y a une ombre qui pèse sur l’UE, parce que, à l’origine de sa fondation, il y a incontestablement l’idée que plus jamais ne doit se produire ce qui s’est passé pendant cette guerre de 1914 à 1945, cette longue guerre qui a duré trente et un ans. C’était l’exigence originelle, et les fonctionnaires de Bruxelles en sont parfaitement conscients. Ils sont aussi conscients de cette question : que se passera-t-il quand le dernier témoin sera mort ?

C’est avec eux que j’ai compris : si l’on veut parler de l’UE, il faut rappeler cette promesse, plus jamais ça. On ne peut pas dire qu’Auschwitz est un problème allemand, c’est un problème européen. C’est la conséquence la plus radicale du nationalisme et du racisme. Et on n’est pas forcé d’en arriver à Auschwitz pour observer de quelle agressivité fait preuve aujourd’hui le nationalisme en Europe. Dans le roman, le fonctionnaire tchèque qui a un beau-frère fasciste existe vraiment. C’est la première fois depuis très longtemps que ce type de conflit traverse les familles.

Pour en revenir à Auschwitz, il ne faut pas oublier que ce choc à lui seul a permis d’amorcer la construction de l’UE. Il fallait pacifier le continent. Par un traité ? Il y en avait déjà eu, il fallait faire autrement. C’est pour cette raison qu’un des personnages dit : nous ne sommes pas simplement une institution politique, nous sommes une institution morale. Même si sa cheffe de service ne comprend pas ce qu’il veut dire.

Un mot à propos de l’affaire des citations de Walter Hallstein. Comment comprenez-vous la violence de la controverse de janvier dernier ?

Ce qu’on m’a reproché, c’est d’avoir utilisé mon résumé des idées de Hallstein dans une discussion comme si c’était une citation. C’était une erreur de ma part et je m’en suis excusé. Mais, pour certains nationalistes, ce n’est pas suffisant. Je vais le dire très honnêtement : je prends mes excuses très au sérieux. Mais ce qui m’étonne vraiment, c’est que les nationalistes extrémistes qui font ce bruit croient réellement qu’ils pourront tuer l’idée européenne s’ils me tuent moi. Ils se surestiment, et ils me surestiment.

Natalie Levisalles

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