En attendant la suite

Lorsqu’on publie un journal, on a envie d’être lu, et dès que nous avons lancé En attendant Nadeau, la réception de nos articles a été au centre de nos préoccupations. Pour une publication papier, ou pour une publication en ligne par abonnement, il existe une mesure relativement objective de l’importance du lectorat : le nombre d’exemplaires vendus, ou le nombre d’abonnés. Mais comme vous le savez, ce journal, nous l’avons voulu gratuit, en ligne et en libre accès, car ce qui nous motive, c’est la circulation des savoirs et des idées. Nous ne pouvions donc pas mesurer notre lectorat à cette aune-là.

Néanmoins, mesurer nous voulions, tout en ayant conscience que la démarche n’a rien d’original, et notamment sur Internet, où chacun compte ses « likes » et ses « views » comme un roi des Avars son butin. Pour être honnête, si la majorité des membres de l’équipe d’En attendant Nadeau est relativement épargnée par ce virus qui frappe l’homo socialium reticulorum, certains ont développé une variante bénigne de la maladie… et moi, je suis gravement atteint. À l’occasion des comités, je poursuis mes petits camarades et leur délivre d’un ton péremptoire des assertions définitives : « Entre septembre et décembre 2017, nous avons connu une croissance de notre lectorat de 33 %, mais pour le seul mois de janvier, cette croissance s’est accélérée, nous avons fait 18 % de plus, ce qui est assez spectaculaire, parce que si l’on considère la période globale, cela représente une augmentation de 56,94 % en cinq mois ! Et de presque 100 % depuis juillet ! » En général, ils me répondent : « Ah oui, c’est intéressant », avant de s’esquiver pour aller discuter littérature ou histoire de l’art avec quelqu’un d’autre, sans même me laisser le temps de préciser qu’en valeur absolue, nous en sommes aujourd’hui à 19 000 visiteurs uniques par mois, pour 30 000 sessions et 60 000 pages lues, ou encore qu’en deux ans nous avons publié plus de 1 300 articles, et que nos lecteurs vivent pour 75 % en France, et pour 25 % dans le reste du monde…

Bref, vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire, ce dont nous vous remercions ! Pour conclure, je ne peux m’empêcher d’adjoindre à mes propos un petit graphique, qui ne représente pas ma courbe de température, mais celle de tous ceux qui alimentent mon addiction statistique. À vous tous, merci !

En attendant la suite

Santiago Artozqui

À la Une du n° 50