Claire Paulian

Tiritiritiritiribrix hup !

La traduction des Oiseaux d'Aristophane par Laetitia Bianchi est magnifique de liberté et d'audace. La pièce est fluide, drôle, elle se lit d'une traite, on y entend une langue et on aimerait la voir au théâtre.

Des lettres, des terres et des déesses

Dans son dernier essai, Émilie Hache propose, en articulant enjeux écologiques, féministes et décoloniaux, de renouer avec ce que la notion contemporaine de « production » a refoulé : le féminin, les mythes et les rituels de regénération du monde, des porosités inter-espèces. L'autrice en appelle ainsi à constituer une mythologie adaptée à notre temps.

Rachilde furiosa

La reparution de trois romans de Rachilde permet de redécouvrir cette autrice qui se présentait comme homme de lettres et fonda avec son époux les éditions du Mercure de France. L’intérêt ? Se plonger dans une écriture abondante, souvent fantaisiste, qui fait une place centrale aux questions de genre et de classe et constitue une mémoire pour notre temps.

À un enfant, le royaume

Le premier roman d’Emmanuelle Tornero, Une femme entre dans le champ, envisage la maternité autrement, nous entraînant dans l'errance d’une mère partie à pied sur les routes avec son enfant. Il étonne à la fois par un sens très ouvert de la composition, la vision et les idées qu’il propose et, surtout, par la très grande beauté de son écriture.

Pour une histoire de la littérature lesbienne

La nouvelle édition de Ravages de Violette Leduc réintègre les passages qui manquaien à l'édition de 1955. Enfin complet, le roman gagne une dimension supplémentaire et ouvre la possibilité de faire enfin une histoire de la littérature lesbienne en France.

Mondes en sursis

Yoko Tawada publie en même temps deux romans, en japonais et en allemand, qui soulignent l’empêchement de l’expérience interculturelle, où la drôlerie et la légèreté coexistent avec un sentiment très sombre de l’avenir.

Petite analyse du Grand Amour

Patrick Autréaux s’inspire d’un court essai de Simone Weil et propose une autre manière de penser l’expérience de la croyance et de la décroyance dans le monde avec L’instant du toujours.

Polar décentré

Dans son troisième ouvrage, qui prend l’apparence d’un roman policier, Lucie Taïeb continue de mettre en scène des personnages instables, mouvants, qui se transforment ou qui disparaissent.

À mots comptés

Nathalie Koble pense la question de la relation dans Extérieur chambres : entre l’extérieur et l’intérieur, entre les textes cités, parfois traduits, et les siens, entre les images proposées et l’imaginaire des lecteurs et lectrices.

La piscine municipale

Les piscines sont très présentes dans les autofictions de Constance Debré : elles constituent l’un des rares points d’attache de leur narratrice.

L’obstination littéraire

L’écriture d’Hélène Frédérick est attentive à ce qui relève de l’incongru et du dépareillé ; à ce ce qui échappe à l’héroïque, aux généalogies prévisibles. Son dernier livre, Une grande maison, cette nuit, avec beaucoup de temps pour discuter, en témoigne.