Maurice Merleau-Ponty meurt le 3 mai 1961, dans son grand appartement du 10, boulevard Saint-Michel, en lisant, dit-on, la Dioptrique de Descartes, dans la force de l’âge, à 53 ans, sans avoir pu mener à bien cette nouvelle « ontologie de la nature » qu’il élabore dans ses cours au Collège de France.
Philosophie
Un philosophe approximatif
S’il parvient à surmonter son irritation première, le lecteur des Enfants d’Héraclite : Une brève histoire politique de la philosophie des Européens, de Gérard Mairet, en vient à s’interroger : un texte philosophique à ce point truffé d’inexactitudes peut-il néanmoins présenter un intérêt ?
Le fantôme de la liberté
Presque toutes les versions du « socialisme libéral » remontent, sans toujours le savoir, à Stuart Mill, qui est le fantôme revenant hanter sans cesse les discussions contemporaines. Raison de plus pour faire de lui notre auteur de chevet.
L’énigme de la politique kantienne
Existe-t-il une politique de Kant ? Le philosophe défend certes une vision originale de l’histoire et de ses conflits récurrents, il élabore une théorie plutôt conservatrice du droit et s’enthousiasme, dans Le Conflit des facultés de 1798, au spectacle de la Révolution française. Mais cela fait-il pour autant de Kant un penseur politique ? Christian Ferrié s’emploie à le démontrer.
Précarité et robustesse du bien
Dans La fragilité du bien, Martha Nussbaum montre, aussi bien à partir des poètes tragiques que des philosophes, que la vulnérabilité fait partie intégrante de la vie éthique chez les Grecs, et soutient que nous ferions bien de nous inspirer d’eux.
Paris des philosophes (16)
C’est une triste et humiliante vérité, difficile à « révoquer en doute » : Descartes a peu vécu à Paris, et semble n’avoir jamais apprécié ni aimé cette ville.
Heidegger tel qu’en lui-même
Le livre de François Rastier, Naufrage d’un prophète, d’une extrême densité, touche d’emblée la substance de la « pensée Heidegger » et fait apparaître sa nature à la fois sommaire et criminelle.
Le double jeu de M. H.
En 1933, un philosophe allemand tenu pour l’un des plus importants de sa génération est nommé recteur de son université et sert ainsi le pouvoir nazi. Un an après, il abandonne ce poste et ne prend plus aucune position politique. Après 1945, il refuse obstinément d’avoir le moindre mot de condamnation pour le nazisme. Sur la base de ces faits connus d’emblée et que personne n’a contestés, plusieurs positions ont été défendues.
Où est la fiction ?
Quand certains prônent l’extension des territoires de l’imagination à la totalité du monde réel ou de nos constructions mentales, et que d’autres s’attachent à les faire disparaître au profit d’une géographie des formes ou des usages, Françoise Lavocat vise plutôt, dans son dernier ouvrage, à défendre l’existence des frontières qui séparent fait et fiction.
Paris des philosophes (15)
À Ashford, où elle est enterrée – loin de Paris … – une Simone Weil Avenue garde le souvenir de celle que Camus a appelée, en février 1951 (dans une lettre à sa mère, Mme Weil), « le seul grand esprit de notre temps ».
Philosopher à Paris ou à New York
Jean-Michel Salanskis se demande s’il peut y avoir quelque chose de commun entre les courants français radicaux des années soixante-dix (Deleuze, Derrida, Foucault, Lyotard…) et l’austère tradition analytique. Ambitieuse, érudite, cette enquête refuse les découpages barbelés.
Michel Onfray ou l’art du vide
Le philosophe à la mode occupe les médias comme son propre salon : Michel Onfray est chez lui partout où on l’invite, et on l’invite énormément.
