Traduire Huckleberry Finn

Il y a quelques années, Henry Colomer a commencé à tourner une série documentaire intitulée L’Atelier du traducteur, avec l’idée de faire un site consacré à la traduction littéraire, lequel n’a malheureusement jamais vu le jour. Il en est resté un pilote, que Henry Colomer a remonté en six petits films pour EaN, où Bernard Hœpffner explique comment il a abordé la traduction des Aventures d’Huckleberry Finn, paru en 2008, chez Tristram.

 

1 – « Bernard, c’est la bouffation »

 

2 – « On parle pas très bien ! »

 

3 – « Erreur de débutant »

 

4 – « Dans la bouche d’un garçon du Mississippi »

 

5 – « Voilatipa et Kikélà »

 

6 – « Obligé d’inventer »

 

Virtuose des mots, autodidacte génial, Bernard Hœppfner a, traduction après traduction, bousculé les langues et les cultures au service d’une passion : la littérature. Il a disparu en mer près de la Pointe de St David’s Head, au Pays de Galles le 6 mai 2017. En attendant Nadeau lui avait rendu hommage dans son numéro 33 :

« Bernard Hœpffner traduit des écrivains et fait mentir l’idée selon laquelle le traducteur se devrait d’être invisible. Au contraire, il est là, bien présent, bien humain, avec tout ce que cela comporte de possibilité d’erreurs, de repentirs, de doutes, mais aussi de joies, d’émotions ! « J’aimerais insister sur la notion de plaisir, de jeu. Pour moi, c’est essentiel. Par exemple, Rémy Lambrecht, un traducteur de mes amis, avait inventé le mot “retôt”, en tant qu’antonyme de “retard”. Alors, pour lui rendre hommage, j’ai décidé de placer “retôt” dans chacune de mes traductions, et depuis, je m’y tiens. Dans Mark Twain, c’est facile à caser, mais parfois, pour certains livres, ça ne colle pas du tout. Alors, je contacte l’auteur, je lui explique l’histoire et la plupart du temps, il est enchanté par l’idée, même si cela introduit une coquetterie absente du texte original. Alors, l’invisibilité du traducteur, elle est où, dans ce cas-là ? » Cette passion pour le jeu avec et autour des mots, Bernard l’a héritée de ses illustres aînés du Quattrocento, à l’instar desquels il cherche à imprimer sa marque sur la langue et à lui insuffler cette part d’étranger qui, au fil du temps, finira par l’enrichir. »


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Henry Collomer