194

Journal de la littérature, des idées et des arts 20/03 – 02/04 2024

En attendant Nadeau

Pays de sang, de Paul Auster : de l'arme à feu en Amérique
Paul Auster © Spencer Ostrander

Paul Auster se métamorphose

Pour Baumgartner, son dix-huitième roman, Paul Auster semble avoir modifié son style. Plus authentique quand il jouait au post-moderne, il peut nous faire regretter jusqu’aux faiblesses de ses premiers livres.

Éditorial

En découverte

Même numérique, un journal, déplié devant nous, découvre des mondes qu’on ne connaissait pas, des aspects de la réalité insoupçonnés, des histoires, des idées qui n’attendaient que cela : remonter à notre surface. Du moins, un journal qui s’efforce de ne pas en rester au familier et au déjà-pensé. Alors, tout un monde apparaît, qui continue de vivre au moment même où il se découvre. Et peut-être est-ce encore plus vrai quand ce journal parle de livres qui lui sont contemporains : la découverte se dédouble.

Sommaire

Hakan Günday
Zamir
par Jean-Paul Champseix
Ryoko Sekiguchi 
L’appel des odeurs
par Claude Grimal
Michel Leurquin et Patricia Finné, Les Tueurs fous du Brabant
Affiche de la police belge représentant les portraits robots des tueurs du Brabant (Années 1980) © CC-BY-SA-4.0/Gendarmerie belge/WikiCommons

La horde sauvage du Brabant

Entre 1982 et 1985, vingt-huit hommes, femmes et enfants sont abattus lors de braquages en Belgique et dans le Nord de la France. Michel Leurquin et Patricia Finné examinent les enjeux judiciaires et politiques de l’un des plus ténébreux cold cases du XXe siècle.
Sylvie Gracia, Nous n’étions pas des tendres,
« Paysage », Charles Demuth (1914) © CC BY 4.0/MetMuseum/Rawpixel/Flickr

Le temps de quelques jours

Sylvie Gracia n’avait pas publié depuis 2015. Son retour au roman se double d’un retour nostalgique vers une maison de vacances et la fin de l’adolescence.
Regina Scheer : Le chant du genévrier
Ivenack (Mecklembourg, Allemagne) © CC-BY-4.0/Thomas Kohler/Flickr

Une autre façon de raconter l’histoire

Paru en allemand il y a dix ans, Le chant du genévrier est le premier roman de Regina Scheer. En situant un village et une famille dans le paysage de la RDA, elle fait de la fiction un révélateur puissant de la vérité historique.
Musique adorable. Chabrier malgré lui Didier Da Silva
Portrait du compositeur français Emmanuel Chabrier (1841-1894) © CC0/WikiCommons

Vie de Mavel

C’est en romancier que Didier da Silva écrit sur la musique et la vie du compositeur français Emmanuel Chabrier. Il approche cette biographie en le faisant parler et parvient à devenir lui-même musical.
Jean Lacoste, Walter Benjamin. Enfance, passages, exil
Passage Jouffroy (Paris) © CC-BY-2.0/Nina-no/WikiCommons

Les perspectives Benjamin

Grand passeur de son œuvre en France, Jean Lacoste condense son expérience de lecteur et traducteur de Walter Benjamin. Peu de livres réussissent aussi bien que le sien à en parler avec tant de limpidité et sur un ton aussi personnel.
Seth M. Holmes Fruits frais, corps brisés. Les ouvriers agricoles migrants aux États-Unis
Récolte de fraises par des ouvriers agricoles saisonniers (États-Unis, 2022) © CC0/Rawpixel

Travailleurs à genoux

Médecin et anthropologue américain, Seth M. Holmes a travaillé parmi des ouvriers agricoles triquis dans l’État d’Oaxaca, dans le sud du Mexique. Son enquête décline les multiples pathologies qu’engendre la violence au travail.
Nejma Brahim 2€ de l'heure
Chantier à la Gare d’Austerlitz © Jean-Luc Bertini

La fabrique des sans-papiers

Adossée aux pratiques administratives, une nouvelle réforme fait un peu plus régresser les droits des travailleurs étrangers en France. Dans 2€ de l’heure, la journaliste Nejma Brahim raconte leur expérience, leurs espoirs et leurs combats.
Marie Joqueviel, Devenir nuit
Marie Joqueviel (2023) © Francesca Mantovani /Gallimard

Une langue d’avant les signes

D’où vient la sidérante beauté de la poésie de Marie Joqueviel, dont vient de paraître Devenir nuit ? Peut-être d’une émotion si longtemps tue et contenue qu’elle en est décuplée, qu’elle agit en silence, dissimulée derrière les mots.
Hélène Fréderick, Charleston 1974
Charleston © John McWilliams

Fougue sentimentale

Romancière, l’écrivaine québécoise Hélène Frédérick est aussi poétesse. Son nouveau recueil, Charleston 1974, explore le tournant de l’enfance et de l’adolescence en repartant d’une photographie envoûtante.
Contribuez à l’indépendance de notre espace critique

Les derniers articles du premier volet du numéro 194

Pirkko Saisio Le plus Petit dénominateur commun
Pirkko Saisio (2023) © Timo Ahonpaa

La Finlande à hauteur d’enfant

Pirkko Saisio est souvent décrite comme l’enfant terrible des lettres finlandaises. Dans Le plus petit dénominateur commun, grâce à une langue rythmée mêlant humour et angoisse, elle fait son autoportrait en fillette rebelle, mais aussi le portrait de la classe populaire dans les années 1950.
Karim Kattan, Le Palais des deux collines
Cremisan, près de Bethléem © Mikaela Burstow

La Palestine à la nuit tombée

La publication en poche du Palais des deux collines, son premier roman paru de 2021, permet de redécouvrir le jeune auteur palestinien Karim Kattan. Un texte fragmentaire qui exprime avec subtilité l’attachement à une terre et une histoire d’amour complexe, en évitant le piège réaliste et en faisant le choix d’un lyrisme qui frôle le merveilleux.
Hakan Günday, Zamir
Un promoteur de l’hygiène d’une ONG européenne rend visite à une famille dans sa maison. (Camp au nord de la Syrie, 2022) © CC BY-NC-ND 2.0/EU Civil Protection and Humanitarian Aid/Flickr

À boulets rouges

Le nouveau roman de l’écrivain turc Hakan Günday n’épargne personne. Radical et brutal, flirtant avec la politique-fiction et le fantastique, il règle ses comptes au pas de charge avec l’Orient comme avec l’Occident.
Catherine Lovey, Histoire de l’homme qui ne voulait pas mourir
© Jean-Luc Bertini

Braises de palier

Dans Histoire de l’homme qui ne voulait pas mourir, l’écrivaine suisse Catherine Lovey ausculte l’énigme d’une relation entre deux voisins. Une histoire à la fois extraordinaire et tout à fait ordinaire, racontée à la manière d’un conte et toujours avec les mots justes. 

Fondane : l’écriture qui unit

La correspondance de Benjamin Fondane avec sa famille ne ressemble à aucune autre. Poignante sans abolir sa dimension littéraire et intellectuelle, elle plonge au plus profond de la vie. Elle est unie par une écriture collective, comme par « les pulsations du cœur » d’un grand auteur.

Un sang de cheval

Au croisement de l’histoire et de l’ethnologie, Bernadette Lizet raconte une épopée familiale qui nous plonge dans une France rurale où le cheval tenait une place considérable. Elle décrit avec une grande finesse toute l’ambivalence des rapports entre l’homme et l’animal, liens à la fois utilitaires, commerciaux et affectifs.

Un roman de l’effet

Avec Les fleurs sauvages, Célia Houdart marque une nouvelle étape dans sa recherche formelle entre une écriture laconique et une tentation pour l’amplification descriptive. Elle déploie un récit dense et protéiforme où se succèdent continuellement des effets de dramatisation et de désamorçage.
Consultez le premier volet du numéro :