Rentrée littéraire 2026 – Dans Nos vies sauvages, Hemley Boum revisite quarante années du passé récent du Cameroun avec autant de sensibilité que d'intelligence. Un roman très maîtrisé qui nous rappelle que l'amour peut conjurer le désespoir.
Catherine Mazauric
Trouble dans la saga
Rentrée littéraire 2026 – Quelle réussite que cette Chronique d'un royaume perdu, un roman familial d'une grande originalité qui confine à l'envoûtement. Ananda Devi y déploie une exceptionnelle science du récit et transfigure le récit historique par le merveilleux.
Futurs en puissance
L'entreprise à laquelle convie La fabrique du présent de Felwine Sarr vise à rien de moins que rendre le présent habitable. Pour y parvenir, il importe de démanteler les structures mentales d’oppression. Un antidote bienvenu à la désespérance ambiante.
L’expérience du jeu d’échecs
Cinquante ans après sa parution, Notre Sœur Rabat-Joie, de l'autrice ghanéenne Ama Ata Aidoo, est enfin traduit en français. Ce livre jouissif, féministe et décolonial avant l'heure, est à ne manquer sous aucun prétexte !
L’épreuve du fils
Dans Je n'ai jamais dit papa, l'écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert traverse l'épreuve de parler de soi. Il signe un livre fort sur la figure du père absent, son enfance, la dictature, la transmission et l'écriture.
Aimer en pays-lock
Je ne te trouverai pas deux fois dans ce même corps de Kettly Mars brûle d’une double urgence : aimer et lutter. Dans ce roman situé à Port-au-Prince, l'érotisme féminin se mêle magnifiquement au combat politique.
L’utopie du Ravin
Alors que les romans dystopiques débordent les étals de librairies, il faut lire Terre des sans-patrie de Mahmoud Soumaré qui en déplace habilement les enjeux. Un roman confraternel et humaniste revigorant.
Dissidences caribéennes
Deux romans caribéens revisitent les sombres années 1940. Salves de blues de Daniel Maximin et Port-au-Prince Cotonou de Philomé Robert remettent en lumière avec énergie des figures émancipatrices qu'il faut se rappeler.
L’éloge inépuisable
Humanisme, féminisme et laïcité ne sont pas des legs seulement européens. C'est ce que démontre Fatou Diome dans Aucune nuit ne sera noire, bouleversant hommage à son grand-père et réflexion sur les héritages spirituels.
La marée montante du réel
Dans Le nom des rois, l'écrivain libanais Charif Majdalani revient sur une enfance qui s’achève tandis qu’un monde s’effondre. Il nous offre un récit pudique et lucide à l'ombre de la guerre civile.
Les notes bleues de l’Atlantique noir
La solitude des notes bleues est le premier roman de Katia Dansoko Touré. De part en part infusé de jazz, d’une écriture très maîtrisée malgré le chaos des existences qu’il relate, son récit transcende la mélancolie avec une entêtante note bleue.
Un père peut en cacher un autre
Avec La danse des pères, Max Lobe réinvente le récit de filiation en y ajoutant une dimension politique vraiment radicale. Un livre virtuose, plein de verve et d'invention.
