Marie Étienne

Un fou dostoïevskien

Avec son Journal d’une planète minuscule, Agnès Clerc surprend et impose une écriture et une forme. Inspiré librement de Dostoïevski, ce récit d'un enfermement magnifiquement raconté procure un puissant bonheur de lecture.

Des fous singuliers

Malgré une brièveté frappante, Tête-à-tête de Peter Handke impose une lecture et un rythme. Le grand écrivain autrichien signe un livre énigmatique et original qui témoigne d'une virtuosité poétique remarquable. Complexe, mystérieux, stimulant, il célèbre un verbe vivant.

Un art nourri de destruction

Pot pourri, de Liliane Giraudon, est une sorte de journal, un ensemble de proses elliptiques dont le rêve est le matériau premier. Son style y gagne en force, en concision, en détermination, affirmant une œuvre forte et inimitable.

Le continent inexploré

L'exposition Fragments du rêve ne prétend pas répertorier tous les rêves dans l'art, mais elle dirige son projecteur sur le gouffre effrayant-étonnant d’où ils proviennent et dont on sait si peu.

Un témoin parmi d’autres

Au temps de ma colère se présente comme une confession presque ininterrompue. L'écriture de Camille de Toledo a du souffle, mais ses procédés peuvent agacer autant qu'ils convainquent.

Double donne

À première vue, rien ne semble devoir rapprocher Thomas Bontemps et Isabela Figueiredo. Pourtant, leurs personnages partagent une innocence bienheureuse, une manière d’être au monde qui les rend touchants et un peu féeriques.

Mesures du temps

Marie Étienne propose une séquence poétique qui nous rappelle que l'être humain se situe dans le temps et dans l'espace différemment suivant les époques et les civilisations. 

Le souci de la forme

Voici trois poètes qui ont un particulier souci de la forme. Marc Quaghebeur recherche la concision la plus extrême, Benoît Conort étire ses vers à loisir, Gérard Cartier découvre et expérimente indéfiniment.

Le conte du génocide

Pur, de l'écrivaine brésilienne Nara Vidal, affronte le racisme effarant qui ronge notre époque. Il s'invente dans ce récit polyphonique virtuose un dispositif narratif qui touche au nu de la vie et de la parole. Un livre qui fait froid dans le dos autant qu'il nous donne le courage de faire face.

Photographier le photographe

Qui était Serge Tamagnot ? Un inconnu célèbre, un photographe silencieux collectionneur d'autographes. Plus qu'une biographie, René de Ceccatty fait un récit émouvant de nos rapports avec les morts.

Un cauchemar totalitaire

Contrechamp permet de découvrir l'exceptionnel talent romanesque d'Edith Bruck. Un livre majeur sur la déportation et la mémoire tout simplement sidérant.  

Langages troués

La langue de la poésie exprime la différence de ceux qui ne conviennent pas, ne parlent pas comme il faudrait, ne sont pas admissibles. Quatre livres, brefs, mettent en scène ces personnages « fous » avec beaucoup de force.