Un essai politique et littéraire, un roman, des souvenirs, des poèmes : quatre formes qui nous invitent à penser et éprouver notre quête obstinée de vérité.
Christian Mouze
Une littérature oubliée
Rien n'a vieilli dans l’œuvre de Vladimir Tendriakov, dont on réédite aujourd'hui Le printemps s'amuse. Du chaos des êtres et des choses, l'écrivain russe tire une leçon lumineuse où les brisures mêmes trouvent leur place.
La Russie à l’épreuve de Dostoïevski
La nouvelle traduction des Frères Karamazov par Sophie Benech offre l’occasion de revisiter l’œuvre de Dostoïevski et de mieux analyser la Russie. Plus que jamais, le lyrisme du roman en fait davantage une épopée qu’un drame.
Les mots et l’Histoire
Les livres d'Éléna Gouro et de Mikhaïl Ossorguine combinent l'indulgence à la lucidité. Bienheureux de l’écriture qu’aucun dogme, aucune idéologie ne saurait attacher, en venant libres à leur lecteur, ils l'émancipent.
Mémoire et conscience
En un moment où l'on s'attache à détruire la mémoire et à discréditer les œuvres, Faut-il brûler Pouchkine ?, de Victoire Feuillebois, est particulièrement bienvenu. Il faudrait traduire en russe et en ukrainien cet essai d'une grande justesse critique.
Contrefeux
L'actualité politique ne doit pas oblitérer la beauté de la création et de la langue russes. Pour se convaincre d'un dynamisme qui contrevient au présent, il suffit de lire le magnifique dictionnaire d'André Markowicz et de se plonger dans l'œuvre de Mikhaïl Prichvine.
Écritures pour fins de régime
Lire ensemble les œuvres de Vikenti Veressaïev et d'Evgueni Kharitonov peut sembler incongru. Mais s'ils paraissent si dissemblables, on s'y plonge pour comprendre comment naissent des écritures aux crépuscules de régimes autoritaires, saisir une histoire contradictoire, envisager la manière dont la Russie se nie elle-même.
Un homme et sa demeure ensemble transformés
Au cœur de la Révolution russe, le courage d'un homme parvient à imposer à la tyrannie la préservation de l'Institut d'histoire de l'art, à Saint-Pétersbourg. Cet homme, c'est le comte Valentin Zoubov, dont on peut lire désormais le passionnant témoignage.
Tolstoï, mécanicien de la vie intérieure
Tolstoï est un écrivain qui semble inépuisable et qui n'était pas que romancier. On lit rarement ses Fables qui constituent pour lui une manière de tenter de renouveler sa prose et d'imaginer une pédagogie audacieuse. Un regard sur la société et l'autorité passionnants.
La marque de Dovlatov
Sergueï Dovlatov est un grand écrivain, différent de tous les autres grands écrivains russes ! Depuis plusieurs années, La Baconnière édite tous les livres de cette «comète dans les lettres russes ». Une entreprise formidable qu'il faut saluer à sa juste hauteur et qui nous invite à replonger dans une œuvre bouleversante.
Fondane : l’écriture qui unit
La correspondance de Benjamin Fondane avec sa famille ne ressemble à aucune autre. Poignante sans abolir sa dimension littéraire et intellectuelle, elle plonge au plus profond de la vie. Elle est unie par une écriture collective, comme par « les pulsations du cœur » d'un grand auteur.
Peindre avec les mots
Toute la courte vie de Jean Colin d'Amiens n'a été que peinture et écriture. Atteint de la maladie de Charcot, il a abandonné la première pour la seconde, faisant quelque chose de cette douleur. Il faut lire son Journal, s'imprégner d'une langue rude, découvrir sa vie et comprendre la grande beauté d'un renoncement.
