Les contes hassidiques de mon père, de Joshua Halberstam, est un hommage au père de l'auteur, qui les racontait en yiddish à la radio new-yorkaise. Mais ces contes déjouent également toutes les fausses grandeurs et assignations identitaires, restituant le visage de l’humain, humble et universel.
Carole Ksiazenicer-Matheron
Une voix yiddish de la révolution
Heureuses publications simultanées : Une génération passe, une génération vient et Le tas et autres poèmes. Elles nous révèlent l'immense talent du poète et écrivain yiddish Peretz Markish. Lectures profondes et remarquables enfin accessibles en français.
Le désir d’élucidation
Géographie de l'oubli de Raphaël Sigal et Nuta de Charles Duquesnoy traitent tous deux de la transmission familiale de la Shoah. L'écrivain et l’historien sont renvoyés au même déni dont ils conjurent, chacun à sa façon, la puissance d’effroi et de méconnaissance.
Eldorado ashkénaze
L’émigration juive aux États-Unis n'est pas univoque. Produit du rêve, de la misère et de l’oppression, elle figure une expérience millénaire de minorité, d’errance et d’utopie messianique.
L’enfant et les sortilèges
Leurs mots à eux, de Rachel Shalita, est un roman magnifique et bouleversant. Ces mots, ce sont ceux du yiddish, la langue secrète des parents venus de Pologne et ayant émigré en Israël, langue que peu à peu la narratrice fera sienne.
Les lieux de Benjamin Schlevin
Nous disposons enfin d'une traduction non tronquée du roman Les Juifs de Belleville de l'écrivain de langue yiddish Benjamin Schlevin (1913-1981). Un roman qui décrit les lieux d’une histoire souvent tragique mais pleine d’espoir et de résistance.
Préserver un mythe
Jusqu'au 26 janvier, on peut découvrir au MAHJ une belle exposition consacrée au Dibbouk. Elle remet à l'honneur cette figure oubliée de l'imaginaire juif et en décortique habilement la mythologie.
Un roman de chevalerie de la Renaissance en yiddish
Arnaud Bikard réussit la prouesse de restituer en alexandrins un texte écrit en yiddish ancien du XVIᵉ siècle : les aventures du chevalier Paris et de la princesse Vienne, directement inspirées de l'Arioste.
Batia Baum, la nécessité de la traduction
Batia Baum, disparue le 24 juin dernier, était une incomparable traductrice du yiddish. Elle a joué ainsi un rôle essentiel dans la survie d'une langue méconnue et violentée, et a offert aux lecteurs français la découverte de nombreux chefs-d'œuvre.
Retours en Pologne
Les gens de Godelbojits, de Leyb Rashkin, Voyage à rebours de Jacob Glatstein : deux œuvres très différentes qui entretiennent entre elles des liens subtils et contribuent à nourrir la connaissance d’un monde bien particulier, celui des juifs polonais de l’entre-deux-guerres.
La comédie humaine du shtetl
Composé entre 1907, à son premier retour d’Amérique, et 1916, date de sa mort à New York lors d’un second exil causé par la Première Guerre mondiale, Motl, fils du chantre, de Sholem-Aleikhem, remonte aux sources vives de l’enfance et de la nature ukrainienne.
Une langue en quête d’auteur
Yossef Haïm Brenner est l’un des réinventeurs de l’hébreu. Rosie Pinhas-Delpuech consacre un roman à cette figure tragique et conflictuelle.
