Anne F. Garréta possède une qualité rare, celle de marier les contraires. Elle le prouve à nouveau dans un livre désordonné et sidérant, DJ. Portrait de l’artiste en animale nocturne.
Cécile Dutheil de la Rochère
« L’ordure du monde ruiné »
Pierre Chopinaud, qui a le courage de l'originalité, déploie dans L'Ancien Enfant une langue déroutante et virtuose. Une révolte sourde contre l’indifférence et le matérialisme s'y fait entendre.
« La nuit a des yeux et des oreilles »
Vorace, étrange récit-poème de Małgorzata Lebda, dégage un son nouveau et l'on retient son souffle. Le livre ne se contente pas de célébrer le vivant, il le démultiplie à l'infini.
Un roman au parfum biscuité
Chimère, le dernier roman de Julie Wolkenstein, donne la parole à trois générations de femmes. C'est un faux polar, mais un vrai petit assemblage romanesque qui concentre tous les composants personnels et imaginaires de l'œuvre de l'autrice.
Rrose ou la couleur de l’édition
Les petits ouvrages des éditions VillaRrose témoignent autant du goût du beau que d’un attrait pour les curiosités de la nature. Ils allient avec bonheur les sciences naturelles, le dessin et l’art contemporain.
Prédire le passé
Judith Schalansky a un talent très singulier qui l’autorise à braver la vraisemblance et à exploiter la puissance d’évocation que recèle un objet, un habit, une image, une couleur. En témoigne aujourd'hui Le bleu ne te va pas, un roman enchanteur.
La diététique de Witold
Écrit par Andrzej Wolski et illustré par Wozniak, Moi, Gombrowicz est un magnifique album consacré à la vie et l’œuvre de l'écrivain polonais. Il s'en dégage une leçon d'indépendance et de liberté.
« De la gloire d’être simple »
Des enfants uniques, premier roman de Gabrielle de Tournemire, sort du lot. Sans pathos, l'autrice y met en scène l'histoire d'amour de deux jeunes handicapés avec une maturité et une aisance surprenantes.
« Un silence saumâtre »
Allô la Place, de Nassera Tamer, est un premier roman très réussi. C'est à la fois un récit morcelé, une déambulation, un essai de prose poétique, une réflexion sur les langues et les origines, un jeu de cubes...
Entre autofiction et généalogie
Avec Kolkhoze, Emmanuel Carrère rend hommage à sa mère. De ce portrait, ressort autant l'amour du fils qu'un certain aveuglement et une tendance à arrondir les angles.
« Rendons son obscurité à la nuit »
Dans Au grand jamais, Jakuta Alikavazovic fait le portrait de sa mère, poétesse enflammée de Belgrade qui abandonna l'écriture à son arrivée en France. Entre lumière tenue à distance, désir de sécurité, retrait, cicatrices que l’Histoire, cruelle, laisse sous la peau.
L’enfance d’un chef
Le bestseller du vice-président des États-Unis nous oblige à nous interroger sur la manière dont l'Amérique s'imagine autrement qu'elle n'est et nie une part de sa réalité. Une lecture complexe et ambiguë qui ne doit pas masquer le visage lumineux de ce pays.
