Nemrut Dag

Jean Rolin est un écrivain qui voyage et qui écrit à partir de ses voyages. Quand on l’a questionné sur ses affinités avec Jack London, il a répondu par une anecdote de voyage en Turquie.

Je n’ai pas le souvenir d’une époque de ma vie où Jack London m’aurait spécialement marqué, sinon peut-être dans mon enfance, à travers une édition probablement expurgée de Michael Chien de Cirque dans la Bibliothèque Verte. Autrement, j’ai passé quelques jours, en mai dernier, dans l’est de la Turquie – autant dire au Kurdistan -, dans la compagnie d’un jeune avocat très sympathique qui exerce aussi par intermittence le métier de « fixeur », c’est d’ailleurs à ce titre que je l’avais rencontré, et qui m’a expliqué comment la lecture de Martin Eden, alors qu’il poursuivait des études d’ingénierie électronique, lui avait inspiré une volonté irrésistible, et qui persiste, de devenir écrivain.

Jean Rolin Jack London

Jean Rolin Jack London

Je ne peux, malheureusement, développer ce propos, dans la mesure où nous étions probablement un peu éméchés lorsque ce jeune avocat m’a fait cette confidence, de telle sorte que je ne me souviens pas (ne l’ayant pas noté sur le moment) de ce qu’il a pu dire par ailleurs au sujet de Jack London, ni de ce que j’ai pu lui répondre. En revanche je peux vous dire que la scène se déroulait dans une petite auberge du mont Nemrut Dag, et que le vin que nous avions bu venait de Thrace et titrait quatorze degrés cinq (parce que ça je l’ai noté).

Jean Rolin

Dernier livre paru : Peleliu (P.O.L)

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